636 LA REVUE SOCIALISTE Les coutumes, ou plutôt les mœurs inévitables, c'est l'union de la fortune. si modeste soit-elle, et de la position, si précai,·e d'ailleurs, qu'elle se présente clans la majorité des cas. A un jeune homme qui l'rut se mari,•r on demande : Al'eZ-l'Ous une position? C'est réglé. La barrière de la dot est mlins inflexible. li n'y a point parité clans les cieux cas. J\lais c'est la rupture al'ee la famille - un nai désorrlre social, une révolution. « Le :llariage <lernnt le Code Cil'il » est, comme l'a fortement exprimé E. Accolas. un tissu de contradictions. Il y a beaucoup trop de régimes (communauté, séparation de biens) pot1r qu'un se troul'e bon. L'indissolubilité ne s'impose pas et la loi du dirorcc a certainement été un progrès. De mème la ri•cente loi sur les successions, quelque reproche qu'on puisse lui faire. à d'autres points de vue supprime des aléas scandaleux. Les " corbeaux» y trouvaient trop facilement pâture. Le dirorce est plus délicat. L'auteur se déclare nettement contre le divorce. " Il est ce1·tain que le " dirorce. étant une suspension brusque <le la ,ie matrimoniale. est tou- " jours cJnlt·c la pa,-tie la plus faible, c'est-à-dire la femme "· Peut-ê•tre cette façon de trancher la question paraltra-t-elle trop catégorique. Le divor,·e courant. pris comme on prend le café. sans plus d-i gêne, est certainement contre la femme. P,1ur des cas exceptionnels, c'est un pur acl!' de justice; rt les femmes ne s'y sont pas trompées. Le dil'o1·ce, comme acheminement au concubinal collectif, est absu,.de; mais le dirorce, comme achèl'ement de la s~paration de corps cl de biens, est le remède logique d'un plus grand mal. On peut l'ésumer en ces demiers termes la pensée de l'auteur sur ce sujet. « L'Education de la Femme » se dil'isc en deux parties : l'Education reçue. l'Education donnée. L'auteur montre que. malgré les mer1·eilleuses facultés t·clucatil'es des femmes, l'éducation donnée aux enfants reflète nécessairement l'éducation J"eçuepar les mères. Il faut attendre beaucoup de l'instinct et des atfections naturelles. Il n'en faut pas trop attendre. Pour la première pa,.tie de la vie les ml>res, ou d'autres femmes, seront toujours les éducatrices nércssaires; l'instruction proprement dite, l'instruction qui suppose un système raisonné de connaissances, ne l'iendra que plus tard. Sur cc dernier point, l'auteur fait un l'if éloge de l'enseignement moderne, à base de sciences naturelles, opposé à l'enseignement purement classique, à base de grec et de latin, qui sél'it encore en Espagne. Il souhaite que les femmes puissent y participer comme en France. P.B. Revue Internationale de Sociologie. - Gard et Bi·ière. éditeurs. 16, rue Soufflot, Paris. Cette fl'U\'re, dont l'un de mes plus distingués confrèl'es du barreau, l\l. René \Vorms, a entrepris la direction, ne compte guère, parmi ses collaborateurs. que des uni,·ersitaires. L'Institut, le Collègt' de France, les quatre Facultés sont '>rillamment rep,·ésentés par 1\1,\1, Beauregard, Bérenger, Oormerteter, Fel'nand Faure, Giard, Fouillée, Gide. Larnande, Marion. Gabriel Monod, Th. Ribot, Ch. Richet, et notre an,i Georges Renard.
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