MOUVEMEXT SOCIAL G27 Malon, Lawroff, Vandervelde, Georges Renard, Allemane, Edouard Vaillant, RégnarJ, Clovis Hugues, Delon, Jaclarù, Labusquière, :Museux, Aurélien Scholl, Hamon, Francolin, Bernier, Brissac, etc. Ce journal-manifeste n'assignait aucun rendez-vous aux manifestants, parce que jusqu'à la ùemière heure le Comité fut divisé et hésitant, et ce n'est qu'à la veille du Premier Mai, à 11 heures du soir, qu'en qualité de Secrétaire-Général du Comité d'Organisation, et par conséquent chargé de toutes les démarches, je pus faire passer aux journaux la note ci-dessous : La Commission exécutive de la manifestation du Premier Mai donne rendez-vous au Peuple de Paris le PrPmier ~lai, à 2 hem·es précises à la Bourse du Travail. Si par mesure gouvernementale les abords de la Bourse du Trayail étaient interdits, la Commission executive engage la population parisienne .à se porter continu~llement • et toute la jouruee » sur la place de la République pour manifester en faveur des huit heures. Ce qui s·est passé aux abords de la Bourse du Travail, tons les journaux l'ont relaté. Je me borne clone à reproduire la note rédigée clans la soirée ùu Pr~mier ::\Iai par la Commission exécutive ; c'est, en quelque sorte, le procè,;-vebal officiel de la manifestation : « La Commission exécutive dt! l'organisation· du Premier Mai déclare d'abord qu'aucun de ses memb1·es, ni aucun élu socialiste. indépendant ou du comité révolutionnaire central, ou du Pa1·ti ouvrier socialiste révolutionnaire : les députés Baudin. Dumay, Thiv1·ier. les conseillr1·s municipaux Bel'thaut, Faillet. Chausse, \\'cber, \"aillant, Rouanet, n'ont flgul'é sur le chai· qui a parcouru certaines rues. Tous députés, conseillers municipaux. et membres de la commission exé- -cutive se sont rendus en corps pla<·ede la République. Arrivés devant la Bourse du Tra,·ail, ils en ont demandé l'entrée et il leur fut répondu. à travers la porte, par un gardien, que la maison des ouvriers ~tait fermée aux tl'availleurs pal' ordre de la pi'éfecture de police. Le citoyen \'aillant a pris acte de cette mesure arl)itrai1·e, et, devant une foule innombrahle, a rendu le gou\'ernement seul rcspon,ai.Jle des conditions faites aux manifestants du Premier ~lai. obligés ainsi A crier sui· la voie publique, leur lutte contre le 1·égime<'apit.aliste, et leur union pour les revendirations de la classe ouvrière formulées dans les cor,gri's internationaux, et qui sont notamment la journêe de !; heures et le désarmement. Le discours du citoyen \'aillant a été violemment inte1Tompu d'abord par les applaudissements, puis pat· les charges de la police. De nombreux: citoyens ont été al'l'ètés. entre autres les dé\iutés Baudin et Duma,·, le conseiller municipal Faillet, et les citoyens ~hl et, Lepag-e, Bi·eton. Géiard, Astulf, Degay, l11ver, Col'l'èges, Forticr, dont quelques-uns ont été relâchés -dans la soiri<e. Les citoyens Bert.haut, Chausse, Navarre, \\'eber. \'aillant, conseillers municipaux, ont été violemment frappés par les agents <le police. La Commission exécutive du Premier ~lai ne saurait trop protester contre les charges brutales lancées sur une roule inoffensi\·e, voire mème sui· les consommateurs des tcrrassos de cafés, et contre les blessures 1·eçues par ,quP,[quescitoyens, et aussi contre les agents provocateurs armés, parsemés uans les groupes. La commission se borne à rappele1· ces réponses topiques d'ai::ents : « Circulez, ou si vous ne voulez pas, nous allons vous crever ». • ;-.:ous nous en foutons du citoyen \'aillant et de tous vos conseillers municipaux ». La manière <lont les arrestati<ms ont été opérées, et dont s'est comportée la police, avec son odieuse brutalité accoutum6e. fera l'ol~j~t d'une interpellation au Conseil municipal. Les citoyens \'aillant et Waillet en ont a\'Crti le pl'éfet de police en pe1·sonne,1·encontré pat· eux au coul's de la manifestation.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==