590 LA REVUE SOCIALISTE V LE PAUVRE La pluie a battu les croisées D'ondes fouettan tes et croisées ; Le pauvre est par elles saisi. Et ses rafales, par trainées, Courent en bêtes déchaînées, Et le pauvre en est tout transi ! Le riche s'enferme en son gite, Evitant rhume et laryngite, De gite le pauvre n'a point. Le palais froid des maladies Est sa chambre, et les chairs roidies Sont lot du pauvre que tout point ! Dans la rue où nul ne l'assiste, Sur l'asphalte du trottoir triste, Le pauvre est seul, battant le sol. Qi.iand il veut - ce désir le berce! - Du pain chaud pour sa faim perverse, Le pauvre n'a pas même un sol? Quand il peine dans la grand'ville, Une humiliation vile Obscurément le pauvre abat; Mieux vaudrait la vie indolente Au désert, que rien n'atalente 1 Pour le pauvre que tout combat! Car tout combat contre lui-même ; Nul ne le défend et ne l'aime, Le pauvre maigre et mal nippé. Son long martyre vient des hommes ; Il est né de terre où nous sommes Et le pauvre en est tout frappé!
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