522 LA REVUE SOCIALISTE depuis le soc;cûisme d'Etat proposé par les gouvernements euxmêmes et qui a reçu de nombreuses applications en Autriche et en Allemagne, et le socialisme chrétien qui a recruté des ;adhérents en France. « En ce qui concerne les moyens d'actions, les uns proposent les moyens violents, ce qui constitue le socinlisme révolutionnaire; d"autres, au contraire, ne veulent que des moyens pacifiques,mais parmi ceux-ci les uns préconisent une application totale presque immédiate, d'autres se contentent d'une application lente, toute évolutionniste. « Le principe commun de tous les socialismes est celui-ci. L'Etat ne doit pas se contenter de contrôler, de sanctionner et de pacifier les rapports entre individus, de jouer un rôle purement conservateur ; il doit intervenir pour fnire pi·ogresser l'état individuel, répartir la richesse d'une manière plus conforme à l'économie politique, à l'équité, à la justice absolue. L'ordre dans le désordre, la paix dans la guerre, ne suffisent pas, tout cela est encore du fait et non du droit véritable ; le droit conventionnel lui-mêmr rst trmuiloire ; chacun doit aYoir ce qu'il lui est juste d'avoir et ce qu'il est expédient à la société entière qu'il ait; cela constitue l'idéal du droit. « Il est dangereux d'étudier le socialisme sous plusieurs rapports. D'abord parce qu'il est indissolublement lié dans l'opinion publique, malgré l'apparition du socialisme d'état, à des idées de violence qui ne sont pourtant pas de son essence ; puis, parce que le terme a pris une acception tout à fait vague, de manière à échapper à une définition. Comme cette définition est faite par chacun d'une manière différente, on finit par se demander si le socialisme est quelque chose. Le mot est tellement dangereux sous ces deux rapports que nous proposons de le remplacer par un autre la socfrûité, qui aura d'ailleurs l'avantage de n'évoquer aucune idée de violence et que nous emploierons désormais. « Etudions les principes et les raisons d'être du droit de socialüé. « Dans cette étude, nous tenons à le dire, nous n'entendons prendre parti ni pour ni contre la socicûité, ou le socialisme. Cela nous est interdit formellement par notre programme qui consiste seulement et rigoureussement àconstateretà classer,sans apprécier. « Supposons qu'une guerre, une épidémie, une crise commerciale, mettent toute une classe de citoyens dans une telle misère qu'il lui soit impossible ùe subsister au moyen de son travail; supposons même seulement qu'en raison de circonstances un seul individu se trouve clans une telle situation, que pourra pour eux le droit act(!el, même si l'on perfectionne le plus son mécanisme?
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