La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

510 LA REYCE SOCIALISTE leurs gt<néraux surtout - ont également aimé le pillage et la gloire - les v'linqueurs de 1\Iont~notte et de Lodi sont les mêmes que les pillards (le Pavie. Cela peut paralt,·e un blasph~me pour les chauvins! mais ce n'est pas nous qui <levonsnous en étonner 1... L'état militaire malgré tous les ondits n'a pas le bel apanage de vertus qu·on lui attribue I Ce n'est pas dans le métier des armes qu'on apprend le mieux la pratique de la probité et de l'austérité. Et si des soldats ont laissé un renom d'intégl'ité et de mâle abnégation, c'est que leur éducation s'était faite en dehors des camps ... Le ~hapitre Ill du livre de ~1. Eugène Trolard renferme. de piquantes 1é\'élations su:· la vie de Marie-Louise après la chute de Xapoléon - avec :Neipperg et Bombelles ses deux aut1·cs maris. Cc n'est pas fait cela pour donner le respect des races royales! A plusieurs titres, ce volume est donc intéressant à consulte,. L'Hermine, par G. Lafargue-Decazes. - 1 \'Ol., Savine, éditeur, Paris iXousne blâmerons pas M. G. Lafargue-Decazes de manquer de respect à la magistrature, car c'c,t elle, en effet, que désigne l'auteur par cette antiphrase l"Ilermine. l'llais si la thèse est intéressante, j'al'oue que la façon dont le line est écrit ne l'est guère ! Les ficelles sont par trop grossières et l'expression demeure d'une courante banalité de feuilleton. Il est dommage qu'un tel sujet soit ainsi gâché. Il y arait là pourtant matière à un beau et bon li\'re d'art socialiste. i\l. Lafargue-Decazes s'est trop complu aux popotages, aux cancans, à de puériles plaisanteries; son personnage de \Valkner est par trop abraeadabrant. La silhouette du président du Boulois est plus heureuse. Monte-Ce.rlo, roman du .Jeu, par Ernest Ziègler, 1 vol., Sa1·ine L'auteur a \'li ce qu'il raconte. C'est él'ident. Certaines sensations sont renclues al'ec un grand bonheur d'expression. Une impression just~, c·est celle d'une première l'isitc aux salles de jeu de Monte-Carlo - la peinture de cet inoubliable spectacle d'une si angoissante mélancolie est d'une exactitude remarquable. )lais le roman pris en général manque d'ampleur. i\1. Ziègler, comme :11. Lafargue-Decazes n'a pas osé porter la thèse sur son 1'éritable terrain. L'auteur de Monte-Carlo prouve cependant une f9is de plus - et de eela on peut lui savoir gré - la colossale flibusterie des tenanciers du Casino moné_gasquc. i\Iais, comme toutes les preuves raisonnables sont inutiles pour des fous et des enragés - ce n'est pas le livre de l'll. Ziêgler <1ui empêchera l'aimable spéculation des actionnaires de Monte-Cado .. Il n'y a qu'un remède, c'est le blocus de l\lonaco, jusqu'à complète disparition de la maiso.1 de jeu. Il est absurde de réprimer partout en Europe ce <1uel'on tolère sur le territoire monégasque. Robert BER~IER.

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