-196 LA. REVUE SOClA.LISTE développement du Socialisme, a été fêté avec un éclat inaccoutumé par toutes les fractions du parti socialiste. [.:,w Grèl'{! de Pêcheurs. - Non loi de Nice où est mort Francis Jourde; non loin de Cannes où, plus heureux que Jourde, notre rédacteur en chef rétablit lentement sa :,anté un instant compromise, se trouve une paisible localité de pêcheurs dont les habitants viennent de signaler it l'attention de l'opinion publique une question qu'elle ne connaît guère, l'inscription maritime et ses conséquences. La grhe des Martigues, encouragée it ses débuts par Chan vière et Camille Pelletan, soutenue par les subsides des conseils municipaux de Paris et de Marseille, n'est pas encore terminée. 8i nous la signalons, comme toutes les grèves mettant en lumièr0 une question de droit prolétaire, un point de droit ouvrier, e'ee;t pour indiquer la nécessité de la suppression de l'inscription maritime ou tout au moins des règlements draconiens qui la régissent, - et la sérieuse défense, par les pouvoirs publics, du droit de pêche rés::!rvéaux seuls pêcheurs inscrits maritimes. En théorie et légalement les pêcheurs ont bien seuls droit aux bénéfices de la pêche. ~lais avec notre organisation qui favorise partout l'éclosion de patrons monopoleurs, le petit pêcheur a <lft vendre sa petite barque et d\lvenir le salarié d'un autrà plus heureux ou plus malin. Comme dans l'industrie, comme dans le commerce, l'effort individuel est devenu trop faible, la nécessité de l'association coopérative a été comprise trop tard; et les patrons possesseurs de grandes barques ont remplacé l'individu isolé et ont mis it leur profit personnel un droit de pêche qui ne leur appartenait pas, puisqu'ils n'avaient pas à supporter les charges llui y correspondaient. Jusqu'à ce jour, pour sauver les apparences, le matelot devenu salarié reçut encore sa part de pêche et continua ainsi à participer à des profits partiels. C'est ce dernier vestige des anciennes coutumes que l'on veut abolir aujourd'hui aux ·:Martigues, et cela avec la complicité du Commissariat de la marine. Les pêcheurs de la Méditerranée, enfin éclairés sur l'utilité du groupement syndical, et se souvenant du sort échu aux p·rolétaires qui s'abandonnent aux pêcheurs de Boulogne par exemple, se sont unis eorporativement, et ils vaincront fatalement. Or, une fois associés légalement, qui ·pourra leur refuser l'exercice exclusif du droit de pêche, reconnu par la loi elle-même, à tous les pêcheurs maritimes? Il ne faut pas que ce qui est précédemment arriv:i à Boulogne-sur-Mer se renouvelle. Là, les armateurs se sont arringés pour
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