fi2 LA REVUE SOCIALISTE :\fais, pour que cette pr::mvesoit faite d'une manière complètlc' et décisive, i.1 est indispensable d'organiser, sur des bases sérieuses, la statistique du travail. Des enquêtes accidentelles, fragmentaires, conduites par des statisticiens improvisés, ne suffisent pas. Il faut des enquêtes permanenteA, scientifiquement organisées, et qui, de plus, soient dirigées par des hommes qui inspirent confiance à tous, et spécialPment aux ouvriers. Rofm;er do l'ai·gont pour faire la lumière dans ll\ forêt vierge des phénomènes sociaux, c'est, de la part d'un gouvernement, chose aussi maladroite et coupable quo de lésiner, en matière dïnstruction publique, lorsqu'il s'agit de faire la lumière dans le cerveau des cnfantH. Les ouuiers ont un immense intérN à la statistique du tr-aYail, pour la réalisation dPs réformes qu'ils poursuivent, mais les classes pos8édantes n'y ont pas moins intérêt, si elleB veulent hilcr les coups de force qu'elles appréhendent. III. - CONCLUSIOXH. li nous reste à formuler briè,ement les conclusions ùe cette étudl'. L'Office du travail, dont la création nous paraît s'imposer, denait, à notre a,is, se constituer en partie sur le modèle de la Suisse, en partie sur le modèle ùes Etats-Unis. J. - Le Bureau central serait composé de spécialistes, n·ayant pas d'autres attributions que la statistique. Ils seraient nommés, soit par le gouvernement, soit par le Conseil supérieur <lel'industrie et du travail. On pourrait leur adjoindre des délégués élus par d'autres groupes, ouvriers et patronaux. Voilà pour l'organe central. Reste à savoir quelles seraient ses ramifications dans le reste du corps social ! Des trois modes d'i1westigation ordinairement usités, il en est deux, l'e11quêle 01·cû1• et l'enquête écrite, qui n'ont jamais donné que des résultats assez défectueux. On ne répond pas aux questionnaires et on répond fort mal aux enquêteurs de passage. Tout le monde reconnaît aujourd'hui la nécessité d'avoir recours à une autre méthode : l'mquête prir délégué.~. Il y aurait donc lieu d'adjoindre au Bureau central, un certain nombre de missionnaires de la statistique (délégués permanents ou temporaires). II. - De plus, il est indispensable, qu'entre l'organe cenh-<ll et la main des travailleurs, il y ait des centres secondaires, analo-
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