La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA RtVOLUTIOX DE DEMAIN 4Hl à l'œil, et d'ailleurs, ceux qui occupent les degrés supérieurs de la pyramide s'y doivent trouver à l'aise. 1\Iais à mesure que l'on descend vers la base, les degrés inférieurs sont encombrés. Ons'y foule, on s'y presse, on s'y écrase pour ne pas choir plus bas. Quant à la « ba,.çft rè.~ lcl!'(Jf' », ce sont des millions d'êtres humains - les frères en .J.-C. de :M. Leroy-Beaulieu - qui la constituent, supportant sur leurs dos oppressés le poids colossal de tout le monument. Cette image effroyable, digne de figurer l'un des supplices que Dante décrit dans son Et1/{'1', c·est l'économie politique orthodoxe,celle qui, au nom de l'Etat,est professée au collège de France, celle qui a pour patrons, amis et serviteurs, ministres, sénateurs, députés, juges et gendarmes; c'est l'économie politique brevetée et garantie par le gouvernement, qui nous la <:ertifie comme la ressemblance exacte de l'ordre social actuel. En Yérité, quand une société en est là, que ceux qui l'enseignent, la moralisent et la gotn·ernent, font d'elle-même un tel aveu, dite!-!si elle n'est pas mûre pour la crise finale; dites si elle peut durer ; et si YOUf! le dites, et si Yous le croyez, soyez conséquents et allez jusqu'au bout: ajoutez que le droit est une mystification, la justice une blague, le devoir une sottise, et qu'il n'y a rien - que la Force. Et quand vous aurez dit cela, YOUS am·ez justifié la Révolution, et toutes les revendications qu'au nom de la Force, elle imposera, et toutes les violences qu'au nom de la Force elle su,;citera contre les débiles résistances de prétendus conservateul's pris lie vertige, et qui, de leurs propres mains, sans le savoir, creusent, sons la maison déjà branlante, le trou dans lequel elle s'engloutira ... Henri ABIEL.

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