La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

2û0 LA REVUE SOCIALISTE hautement la lutte des cla!:!s•s, donnant aux revendications prolétariennes une formule précise et marchant à la conquête du pouvoir public que détient la classe rivale? Consultez l'histoire do ces dernières années. Le parti socialiste était encore à l'état d'enfance quan<l on vit ses premiers bégaiements produire l'orientation nouvelle, sur laquelle les politiciens dissertent en cc moment avec une vive ardeur. ILa suffi de quelques idées, jetées au hasard dans un congres international, pour amener un bouleversement subit clans la polarisation politique. On eût dit l'effet d'une pierre, tombant dans une mare à canards. Du coup voilà leH plus ennemis, confondus pêle-mêle clans l'égarement de la pour. De la. droite, du centre, de l'union républicaine, c'est it qui poussera plus haut ce cri d'alarme : « Le péril est à gauche!» le 'l'emps, la Liberté, le Gaulois, l'Estafette, signalent avec un même effroi, le spectre renaissant de l'Internationale. Ainsi naît, par la logique <les évènements, l'orientation politique nouvelle, produit <l'une nouvelle ori,mtatioil sociale. Le mou,ement commencé ll,'aura plus qu'à suivre son développement naturel. • • • A mesure que la lutte s·engageait, encouragés du reste par leurs premiers succès, les socialiste1:1 ressentirent le besoin de concentrer leurs forces, pour marcher à d'autres conquêtes. Après une première tentative do rapprochement demeurée vaine entre les deux congrès de 188!1, nous vîmes les représentants deHécoles adverses siéger côte à côte aux congrès suivants et consentir à de communes résolutions. Les vieilles animosités n'étaient pas éteintes, mais on les voyait s'assoupir. Ce n'était pas encore la paix; mais c'était la trêve. La grande fête du premier mai se fondait, symbôle de !'uni \'erselle union des prolétaires; enfin on cherchait un terrain où on pf1t s'essayer à faire revivre la concorde et à préparer la conclusion d'un traité en bonne et due forme. C'est dans cet CApritque fut institué le secrétariat du travail, centre où toutes les écoles devaient converger, organe de l'effort commun qu'on prévoyait nécessaire. La débâcle du Panama fit apparaître plus imminente cette nécos::;itéd'uno large et ferme entente, et accéléra le mouvement d'une faç·on inattendue. Les réunions de la salle Saint-Léger furent décisives. Si les délibérations se ressentirent parfois des conflits passés, le résultat final n'en fut que plus significatif. C'est la discorde qui sortit

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