La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

J. DE STRADA 1!)5 L'ignorance était cependant pardonnable à un homme qui n'était pas né encore quand parut le Dogme social (1859); qui était en nourrice à l'éclosion de la Separation des Pouvoirs (1861): de la Separation des Eglises et de l'Etat (1862); qui bégayait à peine lorsque virent le jour l' Ultimwn organum, la Mort des dieux(]865); la Méthode genérale (1867); l'Europe sauvée et la Féderation, le 11fanifeste de la Philosophie, de l'Impersonnalisme méthodique (1868) ; qui était apprenti, eu 1873, quand parut la Mélee dc1sRaces, -et que la pauvreté dela famille à laquelle il appartenait empêcha bien souvont d'acheter tous les livres dont il avait soif ... Alors que, nulle part.je n'avais vu imprimé le nom du puissant penseur qui écrivit les livres sus-cités. je pouvais, moi, infime ouvriet· de la plume, sur le tard de majeuuesse, ne pas savoir qu'il existait. Ceci n'est pas une excuse, mais une simple constatation ... Depuis 1873, Strada n'a plus rien publié jusqu'en 1890, époque oit parut la Genèse Universelle, prologue de la longue s{•rie de livres qui composent l'Epopee IIumaine, exposition <l.dmirable, fresq uc étrange et heurtée, où s'aillrme le génie le plus extraordinaire que puisse rêver l'imagination d'un homme. De saison en saison ont paru: les Races, le Premier Roi, le Premier Pontife, Sardanapale. Enfin, il y a quelques semaines, Jesus. Quel labeur! Mais revenons. II Cependant, avant d'entrer plus avant dans l'étude de l'œuvrP.géante, que je ferai aussi approfondie que me le permettront les moyens - peu nombreux, vraiment- dont je dispose, qu'on me laisse énumérer quelques-unes des pensées tumultueuses et diverses qui moutent du tréfonds de mon être: qu'on me permette d'épandre, en quelques lignes brèves, les douleurs amères qui se sont accumt1lécs en moi au cours des longues et ardues lectures auxquelles je me suis livré pour saisir la pensée de Strada - pour m'imprégner, si je puis m'exprimer ainsi - de eette àme puissante. Qu'il me soit loisible, un moment, de crier bien haut les sentiments qui me hantent et dont mon cœur est torturé. Car, enfin, il est un fait inéluctable, indéniable, absolu :

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