J. DE STRADA l'heure actuelle, est mauvaise; l'esprit de réaction que l'on croyait à jamais vaincu se relève encore et enjambe les rebords de la fosse où nous croyions l'avoir couché pour toujours. Des hommes en qui brille avec intensité le flambeau d'une intellectualité large et profonde, sont venus combattre le Progrès. Hautement, on a crié: En arrière l. .. EL, presqu'indifférents, les Hommes sourient, - et passeut . . . . . . Heurtant mes pieds aux cailloux aigus qui pavent le chemin où s'allongent, déjà nombreux et bien souvent tristes, mes jours passés, j'ai, comme la plupart de mes contemporains, été envahi par le do.ute, par l'esprit de négation. Je me suis buté aux amas d'in-folios en lesquels s'épandit le flot des idées desquelles vécut l'âme des générations éteintes; j'ai bu à toutes le$ sources pour assouvir la soif de vérité qui enflammait mes lèvres et brùlait mon 1:erveau. D'ici et de là, j'ai trouvé absentes la bonne foi ei l'amour du vrai; j'ai vu que les écrivains, les pensPurs, les savants, cherchaient surtout à faire prédominer les opinions chères à leurs intérêts, sans trarniller avec une ardeur suffisante à asseoir leurs systèmes sur des bases solides et scientifiquement contrôlées. Partout, j'ai reconnu l'assurance orgueilleuse d'une science fausse; partout,j'ai constaté l'intolérance coutumière aux sectaires, au lieu de la largeur et de la hauteur de vues, de l'aménité, que je me croyais en droit de rencontrer chez des sarants. Partout, l'âpreté de la défense répondait à la dureté de l'attaque ... Et, meurtri, j'ai fermé les livres et mon cerveau, convaincu de ne pouvoir rencontrer jamais la sourcrJ de vé_ritéméritant d'abreuver des hommes de convieLionsfermes, ceux qui, cherchant à s'instruire, veulent des preuves aux affirmations posées, et exigent de la tolérance, des intentions pures, un désir certain et bien défini d'améliorer la précaire situation des Hommes d'aujourd'hui. Devant mes yeux dansaient les versets de la Bible, les textes obscurs de l' Alcoran, les strophes inégales des traductions des livres persans et indom,. Je comparais, au fond de ma mémoire surchargée, les préceptes de Jésus avec ceux émanés des hiéroglyphes arrachés aux papyrus et aux monolythes égyptiens; j'établissàis des parallèles entre les lois grecques, celles de la Chaldée, celles des peuplades vivant, sauvages en hordes, au fond des forêts germaniques et gauloises. Je compulsais les Thomas d'Aquin, les Martin de Tours. les Abelard, les Loyola, les Pascal, les Descartes, les Newton, les Spinosa, les Gallilée, les Bacon, les Voltaire, les Diderot, les Jean-Jacques, les Chateaubriand, les Hugo, les Fourier, les Proudhon, les Auguste Comte, les Karl Marx, les Modernes, les Contemporains, les 13
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