LA CORRUPTION POLITIQCE 1-!l fortuits, d'une nouvelle bonne ou mauvaise, qu'il s'arrangera pour in venter et répandr-3 au besoin. C'est l'agiotage, le jeu, avec la pensée de tricher le plus possible. Cependant comme il faut que l'argent se prenne quelque part, c'est naturellement - rappelez-vous le mot de l'Evangile - le pauvre qui continuera de le fournir. A cette intention, il faut que la société anonyme d'une part, le crédit usuraire de l'autre, cette double pompe aspirante de la richesse publique, n'arrêtent pas de fonctionner. A mesure que le travail populaire se cristallise sous la forme d'une épargne, il faut que le rateau du croupier aille le saisir et le rabatte sur le tapis vert. Il faut donc que l'imagination des financiers ne soit jamais à court d'entreprises nou veltes. Peu importe d'ailleurs le prétexte. Guano du Brésil ou percement du Panama, tout se vaut. Un titre nouveau appuyé d'un prospectus ronflant et garanti par les noms de quelques filous de haute marque, cela suffit pour lancer une affaire. Former un syndicat qui se distribue les parts, revendre à la hausse, voil;t le truc. Le Guano se transforme en or ; le Chagre se change en Pactole. Les participants remplissent leurs caisses du précieux métal, ne laissant entre les mains des actionnaires que des chiffons de papier sans valeur. Les affaires, a déclaré M. de Soubeyran, ne se font pas autrement. Pour conduire cette valse des écus, ils sont là quelques centaines, rastaquouères venus de tous les pays, forbans embusqués derrière les colonnes de la Bourse ou sous les galeries du PalaisRoyal. C'est pour eux que la masse des travailleura peine tout le jour, souffre toutes les privations, s'abat, le long des routes, de froid et de faim; c'est à leur appel qull tous les bas de laine vident leur contenu péniblement amassé. Ce sont eux qui tiennent toutes les sources du crédit et toutes les avenues du pouvoir, qui dictent les boniments de journaux et les arrêts de Justice. La France croit avoir la république; elle n'en a que l'illusion. Elle s'imagine être libre ; elle est la proie de cette bande. Elle s'imagine avoir fondé la démocratie ; elle a un roi tout puissant qui est le chef de cette bande. On a proposé divers remèdes à cette situation. L'un réclame un impôt sur les opérations de bourse. Un autre recommande un contrôle sévère sur les agissements des sociétés financières, ainsi qu'une réforme radicale de la loi sur les sociétés anonymes. Je me garderais d'élever la moindre objection. D'antres Youdraient démocratiser le crédit et transformer la Banque de France. C'est fort bien. Mais toutes ces réformes, si louables et si fécondes qu'elles soient, ne sont pourtant que secondaires. Ce n'est pas elles qui pourraient arrêter le mouvement de concentration des forces
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