758 LA REVUE SOCIALISTE sent pas le moindre émoi mêrpe du projet d'une fédération syndicale de tous les ouvriers de l'Etat. Yoici ce que nous lisons dans la Basler Volksfreund: « Ouvriers de l'Etat, Le docteur Wassilioff, l'infatigable secrétaire des ouvriers, vient d'organiser en syndicat les ouvriers de la fab1·ique nationale d'armes de Berne. li est en outre question ùe fonder une Fédération des ouvriers de l'Etat embrassant. toute l'étendue de la Suisse. Pour sc faire une idée des tendances et de l'esprit de la nouvelle organisation, il suffit de li1·e les articles suivants que nous extrayons des statuts de la société bernoise : § l". - Considérant: ·l' Que le .::apitalisme qui asservit la classe ouvrière fait également sentir son espl'it et son influence dans les entrep1·ises dirigées par l'Etat; 2' Que cet esprit et cette influence se manifestent dans les ateliers de notre pays démocratique par des 1·apports qui ne sont pas dignes de citoyen& libres, étant donné que la réglementation et la discipline du travail y sont inspirées non par des principes d'union et de liberté, mais y ont pour base, du côté de la direction et de ses organes, l'absolutisme et l'intimidation ; du côté des ouvriers, l'angoisse et la peur; 3' Que ces rapports malsains deviennent plus insupportables par la flagornerie et la délation qu'ils tendent à développer. Les citoyens tl'availlant dans la fabrique nationale d'armes fondent une association syndicale pour combattre les effet du capitalisme énumérés ci-dessus, qui sont en opposition avec les idées de liberté des citoyens suisses. § 2. - Ce syndicat a pou1· but: 1' De développer chez ses membres l'esprit d'ordre, de discipline, d'activité, de solidarité ainsi que les autres ve1·tus républicaines ; 2' De donner clans la fabrique nationale, unt' base démoc1·atique à l'organition du travail et d'en faire ainsi une usine modèle ; 3' De faire de ses membres des pionnie1·s du mouvement ouvrier suisse, en agissant de concert avec d'autres syndicats d'ouVl'iers des ateliers fédéraux ou cantonaux. » Re(its du ~erment religieux. - Le grand conseil bernois. a été le théàtre d'une scène intéressante. • Le nouveau député socialiste, M. Steck, élu par les associations ouvrières de Berne,appelé à prêter serment comme député d'après la formule officielle, très orthodoxe, a refusé, déclarant accepter la formule admise dans la législation fédérale, qui n'implique qu'une promesse solennelle. Aussitôt, un débat orageux se produit ; plusieurs députés protestent, disant que le pays bernois apprendra avec consternation une pareille proposition. Le président fait observer qu'il est préférable-de faire une promesse solennelle plutôt que de prêter un serment et de ne pas le tenir. Appelé à se prononcer par appel nominal, le grand conseil, par 136 voix contre 40, mainti\'lnt l'obligation de prêter le serment officiel. M. Steck. quitta la salle en protestant en son nom et au nom de ses électeurs et dit qu'il recourra aux autorité!'.
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