698 LA REYUE SOCIALISTE à Carthage mème, où j'engloutissais dans mes entrailles de bronze rougi au feu la f1eur des générations, il me faut contenter des hommages de nègres héb~tés que 111;! dispute ton fils. Tu régnas sur les aubes encore pâles des horreurs nocturnes, car ta victoire sur moi fut, on le sait. l'usurpation d'un cadet chassant du trône son aîné. Tu mélangeas d'amour, sentiment humain, la crainte, sentiment divin, et duras moins que moi. Je personnifiai alors la révolte contre toi, et l'on m'imputa également les primitifs, ramenés à mon culte obscur par leurs atavismes', et les précurseurs des temps. Je me tus. et pour cause. j'étais aussi innocent des uns que des autr<!s. Je ne suis pas plus le mal que tu n·es le bien. Nous sommes des moments écoulés, et voilà tout. JÉHOVAH. Tu me trompes, esprit de mensonge. Jamais l'encens n'a tant fumé sur les autels, où mon fils et sa mère ont pris ma place. Eux, c'est encore moi, et le monde n'a pas cessé de trembler au souvenir des prodiges par où je me manifestai. Les miracles de ma puissance font toujours son émerveillement. .. SATAN. Quels miracles ! JÉHOVAH, hésitant. Lourdes, par exemple ... SATAN, dédaig11eux. Charcot fait mieux à sa clinique. JÉHOVAH. Mon fils ressuscita des morts. SATAN. C'est les sages de l'Orient qui lui enseignèrent le procédé, qu'ils possèdent t>ncore.Aucun deux, cependant, n'a vécu deux vies d'homme. JÉHOVAH. Je séparai en deux la mer Rouge. SATAN. L'Homme l'a réunie à la mer intérieure. JÉHOVAH. Je fis bondir les collines comme des chevreaux. SATAN. li a créé d'énormes serpents de for et de feu qui percent les monts et sortent de leurs flancs avec plus de rapidité qu'un cheval emporté. JÉHOVAH. Mon fils a sauvé tous les hommes. SATAN. L'Homme s'est découvert des frères que ton fils ignorait. JÉHOVAH. Je fus le dieu des armées et ma droite fauèha des bataillons.
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