041 LA REVUE SOCIALISTE teries, les parasitismes de tout ordre que ces émissions qui se chiffrent par plusieurs millions d'obligations à lots; à lots, remarquez bien, car les lanceurs tiennent à doubler l'attrait immoral de l'agio par l'attrait, plus démoralisant encore, de la loterie. Aussi, dans ces sortes d'opérations, il n'y a pas que la conscience de quelques parlementaires, de quelques journalistes et de t1 uel4 ues papillons de salon d'atteinte; l'ondée corruptrice a pénétré dans les couches profondes du monde où l'on épargne et disons, par parenthèse, qu'il n'a pas le droit de se plaindre le Gogo qui espérait des dividendes de 20 %, avec des majorations de quatre capitaux pour un. Encore moins celui qui avec 500 francs espérait décrocher un lot de 10, 50 ou 100,000 francs. Bref, qui dit spéculation, appel au gain, dit désastre moral toujour;:;, désastre matériel souvent. Le succès matériel vient quelquefois: mais, en mettant les choses au mieux,on n'aboutit, comme pour le Suez, qu'après aYoir payé de scandaleuses prélibationei à d'avides intermédiaires, et l'œuvre terminée, les capitaux avancés. sont tellement majorés, que livrés aux 1:1péculateurs,le nouveau service reste toujours très onéreux. Autre aurait été la situation, si le canal de Suez avait été entrepris par les Etats intéressés et le gouvernement anglais n'aurait pas pu commettre la filouterie qui lui a livré l'isthme dont il avait, par toutes sortes de moyens peu honnête1:1,entravé le pe1·cement. Ainsi, au surplus, commande la logique : social dans sa destination, le service public doit l'être l'être aussi dans son établissement et dans son exploitation ; Yoilà la vérité et la justice. On y viendra et d'autant plus vite que les effondrements comme celui du Panama sont faits pour convaincre les plus obstinés. Quoi qu'il arrive, dit dans la 'J. 1rib11nf>républicaine de Nevers, mon excellent collaborateur Raiga, quoiqu'il arrive la grande les,;i vd au bois de Panama qu'on nous promet, aidera à l'édification définitiYe <lela démocratie. Parmi les conservateurs avisés on s'en rend fort bien compte. <( Je crains bien, écrit M. Magnard dans le Figaro, que ce ne soit au socialisme qu'elle profite. Ses partisans y trouveront des arguments puissants pour démontrer que cet état social, dont le maintien est considéré comme essentiel, ne protège rien de ce qu'il est censé défendre et sauver. » On peut se demander,en effet,si,au milieu d'une pareille anarchie, en une telle bataille du hideux rhacnn pow· soi, unique mobile d'action de la société actuelle, la propriété est protégée, si l'épargne, amassée à force de labeur et de privations, est en sûreté ? C'est clo-:1cavec raison qu'après avoir énuméré quelques désastres financier.,, le rédacteur en chef du Figaro conclut:
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