La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

REVUE DES LIVRES 639 questions· abonde entièrement dans n()tre sens, en s'appuyant sur les profonds et brillants ~xposés de M. Benoit Malon : « On ne fera jamais rien non plus si l'Etat n'intervient pas et ne concilie pas les intérêts en conflit. Le Capital et le Travail ne sont point réellement antagonistes qu'on ne puisse trouver le modus vivendi qui doit assurer à chacune de ses forces sociales l'équitable rémunération qui est due à ses services. Ce qu'il y a de certain c'est que jusqu'à présent dans la répartition des bénéfices,le capital s'est fait la part trop belle. Le moment est venue d'établir plus d'équité dans ce partage. Les moyens de parrenir à ce désirable état de choses sont fort nombreux. mais tous soulèvent des objections <liverses. D'accord avec l'école socialiste dont Benoit Malon est des plus avisés théoriciens.j'estime que partout ou un grand service public. est en jeu c'est au monopole de l'Etat qu'il faut recourir « Intervenir au nom de l'intérêt comm,un et au besoin transformer en service public le monopole qui, entre les mains d'une compagnie financière ou d'un patronat quelconque ne peut être et n'est qu'un instrument de profits particuliers » tel me parait être le devoir de l'Etat, sa raison d'être contre les théories de l'anarchisme. « Mais, je vais me heurter ici à l'objection - hélas ! trop fondée - de ceux qui s'écrient : « V<?usroulez donc aug,nenter les attributions de l'Etat alors que vous êtes les premiers à reconnaitre la défectuosité de ses services. C'est là une théorie à la Gribouille et se jeter dans la rivière pour échapper à l'averse de pluie « Pardon je n'entends pas l'Etat organisé comme il l'est aujourd'hui, avec ses milliers de fonctionnaires inutiles qui tirent« au flanc» à qui mieux: mieux, qui se font de leurs paperasses un oreiller de paresse et trop souvent un moyen d'embêter l'administré; l'Etat auquel je confierais ces monopoles serait une Yéritable administration de « bon père de famille, n ayant souci des intérêts publics à la gestion desquels il est commis, admi11istrant consciencieusement et avec zèle sans se faire un je1.1de la patience des citoyens et de l'honnêteté professionnelle. « On argue de l'incapa:cité administrative de l'Etat.La critique est fondée dans l'ordre des choses actuel, mais à qui la faute? A cette abenation singulière de l'Etat lui-même qui confie comme le dit si justement Benoit Malon aux thuriféraires des grandes compagnies, oppressives agioteuses et spoliatrices l'enseignement de l'économie politique dans les écoles, de sorte que l'Etat paye pour que l'on enseigne aux futurs titulaires de ses serrices que l'action sociale est contraire aux lois naturelles et que pour le délégué ou l'employé d'administration idP.ale le devoir consiste à faù·e le moins et leplus mal possible. « De là les gaspillages et les fainéantises qui sont la honte des ministères,le fléau de l'administration; de là ces complicités lâches des ingénieurs et des inspecteurs de l'Etat au bénéfice des compagnies financières, qu'ils devraient surveiller et qu'ils encouragent dans leurs malveillances et dans leurs pré\'arications au détriment de l'intérêt public dont ils ont la garde et qu'ils trahissent. , « Avoc Hamilton, professeur d'économie politique suédois, j'estime que • l'accroissement continu de l'action de l'Eta.t doit être considéré comme

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