La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

620 LA REVUE SOCIALISTE marchands de charbon s'y oppose énergiquement et vont jusqu'à réclamer des indemnités dans lBcas où les dépots seront établis. Mais on no comprend pas à quel titre on réclame une indemnité, du moment qu'il n'y a aucun monopole, et que la liberté du marché demeure intacte. En tout cas, qu'il nous soit permis do demander si l'on indemnise les ouvriers devenus disponibles par suite do l'application d'un outillage industriel plus perfectionné? La réglementation du travail. - La Chambre des députt\S du ~lassachussetts a voté une loi fixant à un minimum de dix heures, la journée des travailleurs dos chemins de fer. Les Chevaliers du Travail. - Les Chevaliers du travail, l'organisaLion la plus puissante des Etats-Unis, qui était demeurée jusqu'ici étrangère au mouvement socialiste, ont décidé dïntervenir au Congrès international qui se réunira à Zurich, en 1893. Ce fait, ainsi que les déclarations taites tout récemment par Powderly, le président des chevaliers du travail, ne laissent plus aucun doute que le socialisme va entrer sous peu aux EtatsUnis dans une phase nouvelle qui lui permettra d'exercer sur l'avenir des travailleurs une heureuse influence. Voici de quelle manière s'était exprimé M. Powderly : Les chevaliers du travail rêclament la socialisation des mines, chemins de fer, tèlégraphes, têlêphones, etc., pour être exploités, non dans l'intèrêt des particuliers, mais dans l'intérêt général. On dira que je suis socialiste, et je ne m'en dédis pas. La grande majorité de la population ries Et.ats-Unis se prononce de plus en plus pour un régime meilleur que celui aujourd'hui en vigueur: cette nouvelle organisation ne peut être que le socialisme. Quant au salariat, il faut le remplacer par la coopération; la socialisation des moyens de commnnication est une chose nécessaire pour favoriser l'association des travailleurs agricoles et industriels. Venant ensuite à parler de la journée de huit hirnres, M. Powderly, déclare qu'il ne l'avait jamais combattue, se bornant seulement à déconseiller la grève générale, qui, à son avis, ne pouvait donner des résultats pratiques satisfaisants, que le jour où les travailleurs auraient été complètement organisé~. Uu secrétariat oimrier du Travail. - Dernièrement a eu lieu à New-York une première réunion des délégués de plusieurs organisations socialistes et ouvrières en vue de la création, pour les Etats-Unis, d'un secrétariat national et international du travail. Etaient repré8eniés les sections de Brooklyn et de Cincinnati du Parti socialiste du travail, les sections de New-York, d'Hudson- County et de Brooklyn, de la Fédération centrale du travail, les Trade's Unions juives de l'Etat de New-York et le Comité du Congrès international ouvrier de Chicago. Après un débat approfondi il a été décidé à l'unanimité de convoquer pour le>27 juillet à Pittsbourg en Pensylvanie, une conférence des diverses organisations ouvrières existant aux Etats- . Unis. pour la constitution définitive du Secrétariat ouvrier du Travail. A cette réunion étaient représentées neuf fédérations nationales, six fédérations locales et soixante-dix associations isolées, comptant ensemble environ 150.000 membres. Il a été décidé que le bureau serait établi à Pittsbourg et

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