536 LA REVUE SOCIALISTE multitude de petits détails pour rasumer en quelques caractères généraux et essentiels, en qnelques lois, la constitution, les tendances et l'avenir de ces sociétés. Pour ce qui touche aux corporations d'ancien régime, leur physiologie intime peut se réduire aux traits suivants. 1° Elles ne sont pas créées pour un but unique, spécial mais hien pour répondre aux principaux besoins matériels ou moraux de leurs membres (caisses d'assurance diverses, fêtes corporatives, j uricliction disciplinaire, cérémonies religieuses, etc. 2" Elles se composent uniquement de maîtres soumis entre eux à la plus stricte égalité, mais les compagnons et les auxiliaires sont exclus. 4° Elles monopolisent une industrie ou un métier, font une guerre impitoyable aux non-affiliés. - Solidarité parfaite clans l'intérieur de la corporation, mais en dehors lutte sans merci envers et contre tous. 4° Le nombre des membres est limité; le fils hérite de la charge du père. Ces sociétés ont subi, à l'époque contemporaine, une série de transformations ; celles qui n'ont pas pu s'adapter aux conditions économiques modernes ont disparu: D'autres ont dégénéré en associations patronales. (Ex. LPs Nations d'Anvers qui travaillent au déchargement des navires et dont les parts varient comme prix d'achat de 15.000 à 35.000 francs); D'autres enfin sont devenues des mutualités professionnelles. Les mntualités professionnelles à leur tour comportent ; l" un caractère purement professionnel ; 2° une union parfaite entre les maîtres, (qui clans l'industrie de métier ne se diflérencient guère des ouvriers) et les compagnons ; 3° un but mutuelliste et religieux. L'évolution de ces organismes sociaux se fait clans un double sens : D'une part, les mutualités cessent peu à peu d'être exclusivement corporatives pour s'étendre à des ouvriers étrangers; d'autre part, elles ont donné naissance aux premières sociétés de maintien de prix. Les Sociétés de résistance dérivent toutes (ainsi que le prouve l'histoire de la plupart d'entr'elles) des corporations de l'ancien régime par l'intermédiaire des mutualités professionnelles : Une fois en lutte pour la défense du salaire, elles finissent par reproduire la physionomie des anciennes corporations, surtout la tendance au monopole et le particularisme corporatif. Ces caractères primitifs s'atténuent par les progràs de la division du travail et du machinisme. Les corporations et les mutualités professionnelles appartien-
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