La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

478 LA REVUE SOCIALISTE mation en Banque d'Etat. - A Lille, le conseil général a rejeté toutes les propositions des trois conseillers généraux socialistes de Roubaix. - Un seul vœu, déposé par les trois mêmes conseillers en faveu.r de la journée de huit heures, a été transformé en YOOU en fa venr de la journée de dix heures, et a été adopté. Le Cong1·èsde t' U,iion fédérative du Centre. - Prologue du grand congrès national ouvrier de Saint-Quentin que nous résumerons daus le bulletin de novembre, cette cunférence préparatoire du parti, communément dénommé« allemaniste », s'est plus spécialement occupée de la loi sur les Prud'hommes dont elle a énergiquement réclamé la révü,ion. Tous regrettons d'avoir égaré le texte de ses conclusions. Rappelons cependant que cette assemblée ouvrière s'est aussi déclarée anti-coopératiste. Le Congrès de Tours. - Voici les vœux adoptés par ce congt·ès organisé par la fraction dite « broussiste >> du parLi socialiste français : ·! • Le salaire des femmes dev1·aêtre égal à celui des hommes, la femme mariée ne devra point tl'availler ho1·sde son menage. 2· L'homme et la femme auront des droits égaux et la femme devra être émancipée politiquement. 3· Abolition du travail dans les p1'Ïsons et couvents. 1 t· Suspension momentanée des forces productives ou la grève générale. 5· Cniflcation des salaires sur la base <les plus élevés. (i· Suppression du mai·chanrlage et du travail aux pièces. î· Tra\'ail de huit heu1·eset un jour de 1·epospar semaine. S· Abolition de la loi sur l'internationale. !)· Instrnction primaire et supérieure gratuite à tous les enfants. Le co_ni:ent maçonnique, - Jusqu'à cc jour, - si l'on excepte rassemblée de 1880, que les circonstances politiques exceptionnelles forci1rcnt à se départir de sa tranquillité habituelle, - le convent maçonnique ne traitait que des questions d'ordre intérieur ou de philosophie politiqne .. CetLe .innée, le con vent a formellement blàmé et désavoné les francs-maçons, représentants dans les assemblées électives, qui ont voté des subsides pour l'exercice des cultes. De plus la maçonnerie qui jusqu'à présent a surtout porté au bout du pont de la Concorde de vagues formules de liberté, d'égalité et de fraternité, veut maintenant y porter un alliage plus sür et plus franc de formules de libre-pensée, de justice et de solidarité. Bref le mot d'ordre du con vent de 1892 a été « l'anticléricalisme décidé, et le socialisme laïque et libertaire >J.

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