4.60 LA REVUE SOCIALISTE de marquer son souci des nécessités économiques nouvelles et des légitimes revendications populaires en ouvrant par la nationalisation de la Banque de France la série des réformes sociales sérieuses. Autant que J'intérèt social du plus grand nombre, la science économique commande cette transformation du crédit public. « Les banques,a très bien dit Rouanet dans la '7?.._evSuoecialistes, ont des ateliers de monnaie fiduciaire et les banquiers des agents intermédiaires qui fournissent le marché du médium de circulation nécessaire, en mème temps qu'ils mobilisent les capitaux, les concentrant et aidant par là au développement de la production. << Mais l'extention des banques a amené la formation d'une puissance spéciale, les banquiers ou financiers, qui, périodiquement, inondent le marché d'une quantité de signes monétaires en disproportion avec la masse réelle des marchandises que ce signe représente; d'où les perturbations anarchiques qui révolutionnent le monde de J'échange, tarissent la source de crédit et spolient le marché au profit des faux monnayeurs fiduciaires, D'où encore la nécessité de mettre ordre à ce despotisme anarchique par l'intervention naturelle de l'Etat. » L'intervention de l'Etat ne peut s'exercer que par la reprise du monopole, qui est en outre nécessitée par les besoins nouveaux du crédit notamment en ce qui concerne l'agriculture et Je travail associés, A tous ces points de vue envisagée, la nouvelle institution aurait des attributions singulièrement étendues. Dans une semblable hypothèse on pourrait concevoir la 'Banque N11tio11a(l'eBanque de France, Crédit Foncier, Crédit Dvfobi/ier,Comptoir d'Escompte, Crédit htd11strielet Commercial, Société de Dépôts et Compte courants et Trésorerie réunis et transformés) administrée directement par le 111i11istdres fi11a11ces t du crédit assisté d'un conseil électif. Elle aurait à pourvoir tout d'abord au recouvrement des impôts et à l'extinction graduelle des dettes publiques. Enmème temps qu'elle améliorerait les conditions du crédit commercial, la 'BanqueJl(_ationale pourrait, par l'action énorme qu'elle exercerait au marché refréner l'agiotable (déjà affaibli par d'autres mesures), prévenir les crises industrielles, moraliser J'échange et favoriser, quand les intérêts généraux l'exigeraient, certaines industries productives, les améliorations agricoles, viticoles, sylvicoles en première ligne. Elle pourr;iit enfin, d'accord avec le Ministère du Travail dont nous avons parlé, aider au créditement d'associations ouvrières de production et favoriser l'établissement des magasins généraux, nationaux ou communaux dont nous ferons prochainement ressortir l'utilité. N'en voilà-t-il pas assez pour faire admettre que cette première et plus importante des réformes financières à effectuer. La nationalisation de la Banque d'Etat serait un puissant instrument d'amélioration économique et de transformation sociale.
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