La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 367 AUX AMÉRICAINS « Nous adressons un appel spécial, ardent et fervent, à nos frères de l'Amérique. « Les Républiques américaines sont redevables de leur existence à Colomb et à la Liberté, que nous allons glorifier dans le Congrès. « Ne pas nous envoyer une représentation nombreuse et brillante, serait pour elles renier leur origine et leur principe. « Les mânes de Colomb et de Bolivar sortiraient courroucées de leurs sépulcres et fulmineraient leur juste colère contre une si insigne ingratitude. « Que les loges maçonniques, les journaux véritablement républicains, les Comités et les Clubs démocratiques ouvrent des souscriptions pour couvrir les frais de voyage de leurs délégués. << Les gouvernements même qui ne renient pas leur patrie et leur origine républicaine, ont le devoir de subsidier à cette œuvre libératrice. « N'envoyez-vous pas vos pensionnaires en Europe pour qu'ils y étudient les sciences et les arts ? « Or, il n'y a ni science ni art sans liberté qui est la substance des républiques. « Nous avons une confiance absolue dans l'ordra maçonnique, et nous sommes sûrs qu'il ne restera pas sourd à notre appel. Que les Loges se mettent d'accord et concentrent leur enthousiasme et leurs ressources, pour envoyer des représentants nombreux au Congrès; qu'elles procèdent avec rapidité (parce que le temps presse) et qu'elles nous transmettent sans retard leurs réponses satisfaisantes. Nous les annoncerons à l'Espagne et à l'Europe, afin de vivifier et d'accroître l'enthousiasme. « Par l'esprit qui animera chacune des Républiques américaines et la place qu'elles occuperont dans ce concert de la liberté, l'Espagne et le monde jugeront l'ardeur avec laquelle elles soutiennent cette œuvre libératrice. « C'est l'Espagne, votre veille mère l'Espagne, tant de fois accusée de tyrannie à votre égard, qui, convertie à la loi de la liberté, et animée de sentiments de réconciliation et d'amour, vous attend à Madrid à l'ombre des bannières de Washington, de Bolivar et de J uarez. « Enfants de la libre Amérique, vous refuserez-vous à venir vous jeter dans ses bras ? )) Le Comité orgonisateur Espagnol, Antonio Machado, professeur à l'Université de Madrid; Visconde de Torres-Solanot, publiciste et propriétaire; José Amoros, ingénieu,·; Odon de Buen, professeu1· à l'Université de Barcelone; Francesco Rispa, anrien député aux Cortes ; Francesco Ruiz, typo~raphe ; Félix Navarro, architecte; Antonio Roldan, mederin; Fernandez Morales, député provincial de Madrid ; Raimundo F. Durand, p1·opriétaire; Manuel Matoses, homme de lettres; Nicolas Salmeron y Garda, étudiant ; Enrigue Catalapiedra, ingénieur; Ramon Chiçs, comeiller municipal de Madrid; Fernando Loiano (Demofilo), publiciste à .Madrid.

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