La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

491 LA REVUE SOCIALISTE qnc toutes les grandes entreprises, transports par eau, chemins <le fer, mines, etc.... les réflexions sui vantes du journal socialiste El Obrero de Buenos-Ayres : « La corruption de la bourgeoisie dans notre pays est telle- « ment enracinée que pour la guérir il faudrait le remède <c héroïque d"une révolution comme le 10 août 1792 de Paris. « Lorsqu'en 189 ! les créanciers européens du dernier em- « prunt Yerront que leurs échéances ne seront pas payées, ils « mettront la main sur le pays comme en Egypte, et la Répu- << blique Argentine deviendra une colonie de l'Europe ou des « Etats-Unis. " INDES ORIENTALES La loi des fabriques. - Le Parti Ouvrier nous apprend qu'à partir du l" janvier est entrée en vigueur, dans les Indes Orientales, la loi des fabriques, réclamée surtout par la situation déplorable où se trouvent depuis longtemps les ouvriers de l'industrie textile. Une demi-heure de repos, défense de tout travail les jours <le f~te, excepté pour réparer les machines et pour les industries dont l'exploitation n'admet pas d'interruption ; la journée <letravail ne doit pas dépasser onze heures, avec une heure et <lemiede repos pour les femmes; défense d'empioyer les enfants au-dessous de neuf ans, ainsi que du travail de nuit, et de faire travailler au-delà de sept heures les enfants qui n'ont pas atteint l'âge de quatorze ans. Voilà les bénignes dispositions de la nouvelle loi qui ont soulevé l'indignation et provoqué la résistance la plus violente <lela part des fabricants. A les en croire, l'ouvrier indien travaillerait plus lentement que celui de l'Europe, il interromprait plus souYent sa besogne; et comme il peut s'absenter de la :fabrique (en s'y faisant remplacer), il ne fallait pas s'écarter du système suivi jusqu'ici. Mais l'opposition des capitalistes a complètement échoué, et elle devait forcément échouer, car, en <lehors même des intérêts des ouvriers, l'industrie textile de la Grande-Bretagne réclamait la loi sur les fabriques: les employeurs orientaux étant à même de faire une concurrence irrésistible aux industriels anglais sur tous les marchés du monde, gràce à l'exploitation éhontée et sans merci des travailleurs indiens. Adrieu YEBER.

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