La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

MOUYEMEXT SO('IAL EX FRAXCE ET A L.ETRAXGER ,187 en Allemagne et en Italie. Xous donnons seulement ci-après les correspondances reçues, quelques courtes notes dont nous ne von Ions pas nous embarras!<er ponr le mois prochain, et deux documents socialistC>sd"actualité, émanant l'un rle l'Allemagne, l'autre de la Suisse. Brasseurs d'affaires. - Il vient de se plaider à Bordeaux certains petits procès de faillite financière ou les détails scandaleux abondaient. Hélas ! Comme tant d'antres incidents donnant tous la vague impression d"une corruption générale, celui-ci sera bientùt oublié et ira rC>joindre dans la fosse aux ours l'amoncellement de documents qui seront plus tard la honte de la République gréco-opportuniste, aussi làchement complaisante pour les malfaisances publiques qu'aveuglémen t inerte à l'égard des légitimes revendications démocratiques. ccAprès nous le déluge», doit penser le gouvernement au milieu de ses complaisances et de ses obstinées compromissions. Mais nos lecteurs nous en voudraient de leur enlever le profit et le plaisir d'une bonne page de Camille Pelletan: Le prncês de Bordeaux est de nature à faire 1·éfl6chir tout le monde. JI s'agit bien des deux parties en pl'ësence ! La question est plus rnste. li y a, à Paris, une grande maison de jeu, non seulement ouverte, mais autol'isée; non seulement auto1·isée, mais pl'Otégée; j'allais dil'e: non seulement protégée, mais gouvernante. Ce Monaco a, avec l'antl'c Monaco, une difTérenre capitale. Dans les roulettes ordinaires, on ne joue que l'a1·gent qu'on a ou celui qu'on a volé. Un des grands arguments rontre les maisons de jeu, c'est que le joueur finit par prendre l'ai·gent qu'il trouve sous sa main, quel qu'il soit, pou.1 avoi1· sa revanche. A la Bourse, c'est pire. On joue la fortune des gens qni ont honeur de la Bourse. Des oisifs, de~ inutiles, des exploiteurs, sans avoil' peut-êtl'e un centime en poche, peuvent, par ce grand jeu des paris qui est la règle là, non seulement se ruiner eux-mèmes, non seulement ruiner leurs femmes et leurs enfants, non seulement ruiner celui des leurs auquel ils ont pris l'at·gent qu'ils aventurent, mais ruiner, par des opérations fictives, je puis dil'e mensongères, en venrlant <lesvaleu1·s qu'ils n'ont pas A quelqu'un qui ne veut plus en acheter; ils peuvent ruiner des gens qui ont hOl'l'eur de ces sortes d'opérations, qui ne s'y livreron\ jamais, qui ont des titres enfermés dans leur tiroir, et qui les voient baisser de valeur pour 50%, en vertu de ventes simulées et d'achats simulés, opérés de part et d'autre par des gens· qui trouvent plus commode de se faire 50,000 livres de rentes par ce procédé, que de gagner 3,000 francs par un service quelconque rendu ~ la société, et rémunéré petitement. On est la garantie, en pareille matière? Légalement tous ces marchés de bourse doivent passer par l'intel'mediaire d'olficie,·s ministériels. Vous entendez bien: des officiers ministériels, c'est-à-dire des fonctionnaires I Et ils sont soumis à une législation draconienne ! Où est cette

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