La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

~!OUYEMENT SOCIAL E:', FRANCE ET A L'fTRA:-IGER 18'.) souhaiterio11s qu'on fit une large place dans les cortèges aux femmes et aux enfants. Le Jer Mai aura-t-il toujours ce caractère rassurant pour l'oligarchie bourgeoise ? Evidemment non. Chaque an née le mouvement de pression sur les classes dirigeantes deviendra de plus en plus menaçant, à moins que les résistances de la légalité bourgeoise aillent en s·amoindrissant. Il ne s'agit déjà plus de vœux portés aux pouYoirs publics, de mises en demeure plus ou moins théàtralcs. Peut-être même à Paris fera-t-on t.rop terne? Peut-être n"y aura-t-il pas de manifestations sur la voie publique, mais simplement de grands meetings et de nombrem,es réunions. En France, que le Jer ~lai serve cette année à faire de bonnes élections mnniripales dans le sens socialiste. Qu'il serve cette an née et la prochaine à préparer les élections législatives. - Et d'une façon gùnérale, qu'imprégnés des sentiments <l'ordre, de discipline, de sage soumission aux nécessités de la luttP- économique, les prolétaires s'unisscnt davantage et comprennent mieux l'urgence d'une sévère discipline, d'une indestructible solidarité. Un discours rte 111.Millerand. - Parmi les hommes politiques qui courent déjà la province dans le but de préparer des élections réformistes en 1803, notre ami Millerand est certainement celui qui sait donner à ses déclarations la tournure la plus socialiste. Chez lui pas de ces phrases malheureuses que l'on rencontre parfois chez M. Goblet, au milieu de ses avances aux Socialistes. Aussi .:\1.Millerand a-t-il des doctrines socialistes plus avancées que M. Goblet. Depuis longtemps il n·en est plus à sa première adhésion au Socialisme.- Ci-dessous quelques extraits du discours qu'il prononça naguère à Calais devant trois mille assistants. Il signale d'abord l'évolution qui s'est produite dans le système de production, il fait un tableau saisissant des iniquités de l'exploitation capitaliste, et démontre l'urgence d"une réforme sociale à laquelle tous les progres,-istes doivent coopérer en s'alliant aux socialistes. Voici la conclusion de cet éloquent et admirable discours : JI ne faut pas avvir peur du mouvement populaire; il faut aller à lui; il faut lui parler le langage de la franchise ... et de la Fraternité ! Il n'est plus possible que ceux qui créent la richesse continuent à être exposés à mourir de faim et de froid, au milieu des grandes villes qui sont leur œuvre 1 Il est temps que l'enfant pauvre trouve, dans son berceau, tout comme l'enfant riche, autre chose que la misère et la souffrance 1

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