La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

Ri'.:GLE)IENT.\ TION DU TR.\ 'HlL )HNIER EN BELGIQUE .U3 Dans d'autres pays. bien qu'il existàt déjà des statistiques assez complètes sur les conditions du trarnil et des trarnilleur,;, on a créé des offices spécialement chargés de recueillir et de coordonner des renseignements snr cette matière. Dès 1881, le gouvernement fédéral des Etats-Unis a créé à ,vashington un bureau central du travail. En 1888, ce bureau amit pris tant d'importance, qu'il a été transformé en d<'.-partement dn travail et placé directement sous l'autorité du président de la Répu bliq ne. En 1886, l'Angleterre, sur lïnitiath·e de :.1. '.\Iundella, chef de l"administration ùu commerce, a institué un Bureau de Sl(ltiStique du travail. Plusieurs ouvrier:, entre autres le ciloyen John Burnett, secrétaira de l'Association des ronstructeurs de machines, ont été chargés d'enquêtes spéciales sur les conditions des ouvriers de plusieurs grandes industries. En Suisse, depuis 1887, il existe un Sec;·étarialdu f,y1util, Yéritable office du traYail, sous la direction dr notre ami le socialiste Hermann Greulich, et nommé par les associations ou,Tièrcs. l\ons aYons déjà, clans le Peuple, dès l887, fait conndtre cette institution et préconisé la création d·u111'œuvrc semblable rn Belgique. Depuis,il y a deux Seci·étariats du Travail. un pour la Suisse allemande, dont Greulich est le chef, et un pour la Subse romane ou française dont le secr{•taire est le citoyen Schwitzguébrl, ancien chef des ariarchi;;tc::;du Jura. La France, ù son tour, vient d·ètre dotée d·un O(Ticeclu Tra1:ail, bicnqu 'clic possédât déjà un Conseil Supùieu1· clu Travail. La proposition de :.I. Janson n'est donc pas une nouveauté et on 11epeut lui reprocher de venil' trop tùt, puisque plusieurs pays, grands et petits, possèdent des institutions analogues. Tout le moude, est d'accord même parmi les dirigeants, pour reconnaitre que des réformes sociales s'imposent. Tous disent aussi que ces réformes doivent s'inspirer des besoins constatés, des abus reconnus. La statistique seule des conditions actuelles du travail peut donner à tous ces éléments indispensables à une bonne législation sociale. Le bureau du travail devrait également faire connaitre l'état de la législation industrielle des autres pays et des conséquences, des résultats de cette législation. Qui0onque veut agir de bonne foi, sans parti pris aucun, doit donc désirer voir se créer au plus tôt un Bureau ou Office du travail. La section centrale, Cépendant, composée, rappelons-le, de tro:s cléricaux et de trois libéraux, ne l'entend pas ainsi.

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