402 LA REVUE SOCIALISTE En JSG9 et 1870, notamment, notre Académie de médecine a discuté longuement cette grave question du travail dans les mines et les docteurs Vleminckx et Kuborn ont démontré très victorieusement les effets, désastreux pour la santé, de ce genre de travail. Le mineur, en général, a un développement de forces musculaire$ anormal. Sa taille est en dessous de la moyenne. 11 n'a pas d'appétit et est sujet à des maux d'estomac et à des vomii'\sements. Beaucoup de mineurs s011tasthmatiques à 30 ans; d'antres crachent noir, comme le vieux Bonnemort de Germinal. Dans une étude de Ducpétiaux, qui date il est vrai de 184.3 nous voyons que sur 1,000 ouvriers mineurs employés dans les mines, il n'y en a que 50 ayant 50 ans et plus. Cela fait seulement cinq pour cent, tandis que dans le pays la moyenne des personnes âgées de plus de 50 ans est 33 pour cent 1 Dans sa statistique des mine& pour 1887, M. Emile Harzé classe également les ouvriers de l'industrie houillère suivant leur àge. Il en résulte que sur 100 ouvriers occupés à la surface il y en 17 ayant 50 ans et plus. Pour les ouvriers du fond, la proportion n'est plus que de 8 ½ pour cent. Pour démontrer que les mines sont plus saines aujourd'hui que jadis, on nous cite le développement des moteurs d'aérage, ce qui ne prouve rien. En etfet, l'accroissement dP,la force motrice consacrée à l'aérage n'est pas justifié par une plus grande sollicitude pour l'ouvrier, mais doit être attribué, avant tout, à ce que l'exploitation se fait à des profondeurs bP,aucoupplus considérables, dans des chantiers beaucoup plus étendus et beaucoup plus éloignés des puits. Au surplus, on peut lire dans le tome II de l'Enquôte du trarnil de 1886, une note de l'ingénieur A. Gendebien sur le fonctionnement ùes ventilateurs, d'où il résulte qu'il y a lieu de les modifier. Quoi qu'il en soit, recherchons d'autres éléments d'appréciation. Il est reconnu que les conseil,; de milice, sur un nombre égal de miliciens, exemptent pour dMaut de taille ou autres infirmités de diverses natures, plus Je mineurs que d'autres ouvriers. Près des deux cinquièmes des mineurs sont ainsi exemptés. Le dépérissement de la rac~, on le sait, se constate par la mortalité. Or, il a été démontré que pour la commune de Seraing, par exemple, habitée en partie par des mineurs, sur 1,000 décès,il y a 237 enfants de moins de un an, au lieu de 100, dliffre de la statistique générale du payti. N'est-ce rien cela ?
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