La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

Rt:GLEME:\"TAT!O:\" DU TRAVAIL ~11:\"IER E:\" BELGIQL'E 280 nièrc très explicite dans la note du 11 mai 1801, qui est annexée au rapport <le .M. Sabatier. « L'un des défauts saillants de l'organisation du tranil dans beaucoup de nos mines, réside, en effot, dans la lenteur apportée à l'évacuation du charbon produit par l'ounier à veine dans les couches en plateurcs; il perd souvent un temps considérable ,L attendre qu'il soit débarrassé dr son charbon, cc qui n·arrivc guère dans les exploitations en dressant, gràcc aux chemin{•es d'évacuation. ~ Il importe essentiellement que le transport des produits se fasse rapidement et régulièrement, et que le charbon produit dans les chantiers soit enlc\·é au fur rt ù mesure de l'abatagc. Dès lors, les voies doivent être établies en conséquence et ètre parfaitement entretenues; le chemin de fer son terrain doit ètre établi solidement, de manière à évitrr lrs déraillements si fréquents; le service du transport <loit étr·e assuré par un matériel bien appropri{• et par un personnel sutli,,amme11t 11ombrcux et convenabl('men t choisi. « On obtiendra ai1tsi un effet utile pLM éLei;é, tout en récluisant La dw·ée ctu séjour dans Lesmines lle t·o1w1·ier à veine et clu pe;•son11elsclauneur. » Il faut aussi faire entrer en ligne de compte lrs détails suivants qni ont leur importance: D'abord, en Belgique, on emploie encore des enfants et des femmes, ce qui n'est pas le cas dans les pays charLonniers qui nous entourent. Ponr le travail du fond, il y avait, en 1800, sur un total de 80,038 ouvriers de toutes catégories, 3,170 femmes, 0,1308garçons au-ùessons de 16 ans et 045 filles au-dessous de 16 ans. Or, le travail de ces enfants et des femmes étant moins productif que celui d'hommes faits employés dans les charbonnages étrangers, il y a injustice à baser des calculs sans distinguer les éléments si di vers qui entrent en ligne de compte. C'est dans le Borinage que le nombre proportionnel de femmes et d'enfants employés dans les fosses est le plus grand; c'est là aussi que la production, par ouvrier du fond, est la moins éleYée, ee qui vient confirmer ce que nous disions plus haut. Une seconde raison, aussi sérieuse que la première, est celle-ci: Si les mineurs anglais, allemands et français, toutes autres conditions égales d'ailleurs, produisent plus que nos mineurs belges, une partie de cette supériorité ne vient-elle pas de ce qu'ils travaillent moins d'heures par jour et sont ainsi moins exténués, moins usés, et, disont le mot, moins dégénérés que les mineurs belges? L'expérience démontre que dans les industries où la force 19

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