Lt::rn1s SO<'IALISTES 2m Administration routinière, coùteuse, vexatoire ; Opposition sans scrupule, dans la plupart des cas, parce que sans responsabilité, et trop souvent purement négati\'e ; Parlements inférieurs à leur tâche et sacrifiant, en toute occasion. les grands intérêts continentaux, à plus forte raison planétaires aux ambitions chauviniques et même aux rapacités commerciales : bref. les intérêts généraux aux intérêts particuliers. Comment s'étonner, après cela, si, selon le mot cruel de Herzen, les milieux politiques sont tels qu'il arrive souvent que l'honnête homme s'y sent étrangh? Comment s'étonner si les gou\'ernements européens, pour ne parler que de ceux-là, n'ont aucune idée d'une Europe républicaine fédérée, qui, après avoir fondé la paix, la liberté, la justice chez elle, s'élèverait à la dignité de tutrice des peuples moins avancés et se montrerait partout où besoin est, initiatrice, libératrice et civilisatrice? Au lieu de cela, divisée contre elle-même, l'Europe nationaliste et militaire, applique impitoyablement son droit barbare du plus fort aux peuples et peuplades, dont elle devrait être la bienfaitrice et l'éducatrice. Sous prétexte d'c>xpansion coloniale, elle dépeuple. asservit et pille tr0is continents : Asie. Afrique, Australie. Qj.1ant à l'Amérique, avec ses émigrés européens, notamment anglo-saxons, elle se charge de la besogne chez elle, par la destruction systématique des derniers autochtones, par la mise au pillage de leurs terres, et n'était la propagande socialiste, irlando-franco-allemande, qui prépare aussi là-bas les transformations sociales pacificatrices et justicières, l'entreprenant et féroce égoïsme yankee. devenu le maitre du monde, grâce au monarchisme déprimant et au militarisme insensé qui divisent et affaiblissent les principales nations européennes, préparerait de tristes surprises à la civilisation, qu'il ferait rétrograder, en tuant le sentiment social, seule lumière qui nous reste (et combien faible!) en ces jours sombres, si chargés de contradictions, d'iniquités et de menaces. ,, Toute nation semble jetée hors de sa vie, la délivrance sera commune à toutes, >' a écrit Proudhon. Mais, en attendant que vienne l'universelle pacification que porte, dans ses plï's, le rouge étendard du socialisme international, un chauvinisme (issu de je ne sais quelle d~viation régressive qui sera le grand crime du XIX'' siècle) se développe et menace constamment de noyer tous les progrès acquis dans le sang de millions d'hommes. Certes, nous faisons la différence entre les Républiques menacées qui doivent s'armer pour se défendre et les monarchies provocatrices: entre les peuples libres qui veillent et les chancelleries scélérates qui conspirent; mais le fait général n'en reste pas moins celui-ci : Les nations européennes si fières de leur science, de leurs arts, Je
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