LU~DIS SOCI.\LISTES 2lï Les résultats sont connus, et la conclusion vient d'elle-même : la moralité d'une époque (les prédications n'y peuvent pas grand chose) n·est guère que la répercussion mentale des institutions politiques et économiques prédominantes. D'après cela, pas de régé11ératio1m1orale sans transfor111atios1o1ciale, ce qui nous permet d'ajouter, la situation actuelle étant donnée : l'avènement du socialisme n'apportera pas seulement un ordre social plus juste, mais encore une morale plus haute. Et voilà comment, selon le dire de certains, le socialisme, c'est la b;1.rbarie. IV. - LA CRISE POLITIQUE ET LE SOCIALISME La politique, d·aprls les pricurseurs du socialisme.- Les antagouismts sociaux son/ le plus gra11dobstacle à la rin011ationpolitique.- Lts absurdités et les i11ù711itidse la politique actuelle, eucore assomb,·ies par un retour ojjeusif dt la barbarie militaire. Toutes les diversités sont dépendantes ; tout s'enchaine dans le monde des réalités, dans le monde des idées et, à plus forte raison, dans le monde social, qui est une résultante (toujours améliorable parce que très complexe) des deux premiers. Si donc, conformément à cette loi de solidarité et d'unité suprême dans l'universel et perpétuel devenir, les socialistes ont pu dire aux prédicants moralistes : Pas de régé11érafionmoralesa11spréalable /ra11sformatûm sociale, ils peuvent, en vertu du même principe, dire aux progressistes : Pas de réorga11isationpolitique, large111e1r1etco11sfrucfiveet géHéreusement réparatrice, si l'on veut séparer cette réorganisationde l,z solution desgrands problèmes q11epréfe11drésoudre le socialisme. De leur côté, sauf de peu nombreuses exceptions, les socialistes ne séparent pas les deux termes; et, sur ce point, ils ont de qui tenir. Les troi, grands précurseurs du socialisme moderne : Saint-Simon, Robert Owen et Charles Fourier, autant que de rénovation morale et de transformation économique, se préoccupèrent de la reconstruction politique des nations civilisées. La politique, avait dit Saint-Simon, et magnifiquement formulèrent ses disciples, la politiq11e st tout entière dans l'Assoc1ATIONUNIVERSELLE qui ne sera réaliséeq11eforsqu'il aura été rendu justice à fous, que lorsque les ù1ég.1litéset les a11tagonis111aevsec tout leur cortègede servit11des, d'i11iq11itésd,'erreurs et dt! misère a11rolltfait place à 1t11seociétéoù le bonbeur universel sera fait de l'épanouissement moral, i11fe/lec!uel,affectif et pbysiq11ede tous les êtres b11111air1é1gsénéréspar la science, l'art, lajustice et l'amour. Plus pratique, mais non moins synthétique, Robert Owen concevait la politique appliquée comme l'effectuation d'un ensemble métho-
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