La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

Lü:'iDlS SOCI.\LlSTES 207 LUNDISOCIALISTES _Dans ces chr?niques hebdomadaires, publiccs dans plusieurs journaux quotidiens, on s efforce de faire œuvrc de propagande et de vulgarisation socialistes. Les idées ,qui _v sont émises sont géncralcmcnt connues des lecteurs de la Revue ; mais clics sont ici présentées sous une forme plus simple. plus adoucie, plus condensée, plus méthodique et à cc titre la reproduction. pour laquelle se sont prononcés très instarnmcnt de proches amis de l'auteur, pourra être de quelque utilité. J. - ARGUMENT. lts rtgrets d'u,i cotistrt·altur. - Viritablt caractère du malaise socia/1 les danger.s qu'il prisente.- l'iniluctabiliti d'tmt trausformatien pacifique ou rivolutiou11aire.- Programma du prisent lriJvail. « Ah ! pour moi je l'avoue, je ne puis considérer la Révolution dont je parle et ce monde ancien qu'un mot a fait crouler, tant d'esprits désorientés, tant de croyances déracinées, tant d'obscurité et de deuils dans les cœurs, la fin de tant de choses fortes et grandes ; je ne puis penser à tout cela sans me rappeler cette voix qui retentit jadis sur les mers et annonça aux hommes éperdus que le grand Pan était mort. .. Oui ! la voix a de nouveau résonné à travers les espaces pour nous annoncer la fin d'un autre âge, le dernier soupir d'un autre Dieu: l'absolu est mort dans les âmes ; qui le ressuscitera ? » (Edmond .Schérer, dans la Revue des Deux-Mondes du 15 février 1861). Le prophète malgré lui, qui gémissait, il y a déjà trente ans, avec tant d'éloquence, en évoquant le passé qu'il voyait craquer de toutes parts, sous la poussée vainement comprimée des bourgeonnements de l'avenir, s'arrêtait à la crise morale. li n'avait pas su d'un regard .attendri percer le suaire de fumée qui couvre les désolations des villes industrielles. li n'avait pas su non plus se pencher assez vers ceux qui souffrent dans les cercles ténébreux de l'enfer social, pour entendre le triste concert des voix plaintives, qui, des étroits logis urbains et des pauvres chaumières s'élèvent contre la serv[tude qui torture les âmes et contre la misère qui torture les corps.

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