UNE CONFÉRENCE SOCIALISTE 03 « L'égalité politique, pour se maintenir, a besoin obligatoirement de l'égalité économique. L'i11dépendanceéco110111ique, dit Stuart Mill, est un mensonge et une dérision, sa11ts'indépendanceéconomique; s'il est 11écessaire de maintenir l'une, il est ù,dispensabled'affranchir l'autre.» « De Laveleye, de même que tous les historiens et les hommes politiques. a établi, que là où l'inégalité économique prédomine abusivement, la liberté n'est pas durable et que le désordre violent s'impose.» « En conscience, il n'était pas supposable, que le peuple dont on avait proclamé la souveraineté, se contenterait indéfiniment d'un sceptre de roseau, d'un manteau écarlate et d'une couronne d'épines. Une telle souveraineté à la Nazaréenne, devait finir par le fatiguer ; et, en voyant accourir autour de lui des soldats, non pour faire honneur à son affranchissement, mais pour le surveiller, il devait nécessairement songer à modifier cette souveraineté burlesque et. ayant la force en main, se procurer une existence plus conforme à sa dignité et à sa condition.» « Le Christianisme, comm~ ra remarqué de Laveleye, en prèchant l'égalité céleste, contribua plus efficacement que toute autre chose, à amener l'égalité terrestre, politique et économique.»· ,< Egalité religieuse, politique et économique sont donc des termes connexes et solidaires. QJ.iiconque invoque le premier appelle fatalement les autres.» (E). L'histoire et l'Etbnograpbie. « Les aspirations des prolétaires, les moyens légaux ou révolutionnaires mis en œuvre pour les réaliser. se justifient pleinement par l'histoire. « La bourgeoisie, avec les Co1111111111es du Moyen-âge, avec les révolutions anglaises, avec la révolution française de 89; la monarchie, avec les Tudors, avec Louis XI, avec Richelieu, ont posé les prémisses et donné l'exemple: le prolétaire en tire aujourd'hui les conséquences et les imite. • « S'il fut juste que la monarchie dépouillât l'Église et les grands feudataires, s'il fut juste également que la bourgeoisie dépouillât et détronât la monarchie, pourquoi ne serait-il pas également juste que le prolétariat fit de même et se révoltât contre la bourgeoisie qui s'était toujours servi de lui, l'avait armé et conduit à la bataille pour son propre intérêt à elle ? << Cette question va surtout à l'adresse des politiques et des philosophes idéalistes, comme Hégel, ou des pessimistes comme Helwald et Gumplowicz, qui croient que laforce brutale doit toujours présider au soulèvement des manifestations sociales.» « Si la cause du prolétariat est juste, personne n'aurait le droit de se plaindre, s'il se servait de sa force pour appuyer ses revendications.
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