LE CONGRÈS D'ERFURT 727 aux pt'OJ)Ol'tionsC'Olossales, s'effectue le remplacement de l'outil par la maC'hine et un accroissement prodigieux de la productivité du travail humain. Mais tous les avantages de cette tt'ansfo1·mation sont monopolisé.- par les capitalistes et les gl'anùs propriétaires fonciers. Pou1· le prolétah·e et les couches intel'rucdiaires, petits 1Jou1·gcois,paysans, cela signifie l'augmentation Cl'oissante de l'inccl'titudc de leu!' existence, de la misère. de l'asservisrnment, de l'humiliation, de l'exto1·sion. Toujoul'S grandit le nombre des prolétaires, toujou1·s augmente J'a1·mée ùes ouvl"ie1·sf>upcrflus, tou,iou1·s s·acC'entue l'opposition entre exploitcu,·s et exploités, toujours . 'aigrit la lutte ries classes entre la boul'geoisie et le Jll'Olétal'iat, lutte q"ui divise la soriété modeme en deux camps ennemis et qui est le t1·ait distinrtif de tous les pays industt'ids. L'abime entre ceux qui possèdent et ceux qui n'ont t'ien s'éla,·git encore par suite des Cl'ises inhérentes au mode de pl'oduction capitaliste, crises qui deviennent toujours plus Yastes et plus tel'l'ibles, qui font de l'insécurité générale l'état nol'mal de la soC'iété et qui pl'ouvent que les forces productives de la société actuelle sont exressives, que la prop1·ieté, pl'ivée ùes moyens de pl'oduction, est incompatible avcC' l'emploi convenable et le développement complet de ces ressou,·ces. La propriété privée des moyens de pl'Odurtion, qui jadis a été le moyen d'assul'er au producteur la possession de son produit, est aujoul'd'hui le moyen d'expropt·iei· les paysans, les a1·tisans, les petits commerçants et de donner aux oisifs, capitalistes ot1 grands pl'Opl'iétaires foncic1·s le produit des travailleurs. Seulement la transformation de la pt'Ol'riété privée des moyens de p,·oducti(,n (terrP, mines. matières premières, outils, moyens de communication) en p:·opriété C'Ollertive et la tran. formation de la production marchande en production socialiste. cxet'cée pout· et par la société, peut fail'C que la grande industrie l't la caparité croissante du tl'avail sorial de,·iennent poul' les classes exploit;ies, au lieu d'une som·re de misèl'e et d'oppt·ession, une sou1·cc de 1,onhcur complet et de perfectionnement harmonieux. Cette transformation sociale signifie l'affi'anC'hissement non seulement de la classe ouvrière, mais de l'humanité entière, qui souffre sous le ,·égime existant. ~Jais cet a(franrhi. semrnt peut ètre uniquement l'œ,1vre de la classe ouv1·ièl'e, parce que toute:; les autres classes, malgré leurs conflits d'intél'èts entre elles, se tiennent sur le terrain de la propriété privée et ,ont comme objet commun la conscl'v.ition des fondements de la société actuelle. La lutte de lit classe ouvrièl'C contre l'exploitation du capital est fol'cément une lutte économique et politique. La classe ouvl'iêre ne peut livrer ses batailles économiques ni dévelopqer son organisation sans droits politiques. Elle ne peut effectuer le transfel't des moyens de pt·oduction à la collectivité sans êt1·e entrée en possession de la puissance politique. La mission du parti socialiste, c'est de tl'ansformer cette lutte de la classe ouwiè1·e en une lutte consciente et uniforme et de montrer le but naturel de cette 1 u tte. Les intél'èts de la classe ouvrière dans tous les pays à production capitaliste sont les mêmes. Avec l'~xtension des relations commet·ciales et de la production pour le marché universel, la condition des ouvriers dans un pays dépend de plus en plus de celle des ouvriers dans les aut1·es pays. L'affranchissement de la classe ouv1·ière est donc une œuv1·e à laquelle pa1'ticipent également les ouvriers de tous les pays civilisés. Par cette déclaration le parti socialiste allemand se sent et se déclare ne faire qu'un avec les ouvriers ayant conscience de leur classe de tous les autres pays. Le parti socialiste allemand ne combat donc pas pour de nouveaux pri-
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