SOLIDARISME SOCIAL 713 q_uechacun aperçoive immédiatement autour de lui une foule d'exemples caractéristiques. Ce n'est point ici le lieu de faire un exposé didactique de cette nouvelle classification nosologi- <}Ue,mais nous tenons à en faire ressortir toute l'importance au point de vue de la solidarite qu'elle nous démontre entre les membres d'une même famille, chose génécralement ignorée dn public et constamment négligée dans la vie sociale pour tout ce qui concerne l'éducation, l'hygiène, le choix d'une profession et le mariage. En-fait, nous ignorons profondément l'hérédité, ou du moim; nous ne savons pas la reconnaître dans ses innombrables manifestations qui s'étalent incessamment devant nos yeux. Nous avons déjà dit que la cause en est à la conception erronée qu'on s'est faite jusqu'ici de l'hérédité. II suffit pour la voir éclater de tontes parts, de la considérer simplement comme résultant de la plasticité organique et de la loi d'adaptation qui en découle. Nous savons', en effet, que la propriété générale dé tout être vivant est de s'adapter à toute nouvelle influence modificatrice et que cette adaptation, d'abord purement passagère, .a de la tendance à s'exécuter et à se fixer d'autant plus fa~ilement que l'organisme se trouve soumis plus souvent à l'influence modificatrice jusqu'à ce que cette adaptation, définitivement fixée, soitdevennepartieintég1·antede l'organisme et devienne -conséquemment transmissïble par hérédité. Si maintenant nous remarquons combien nous sommes peu avancés dans la connaissance morphologique spéciale à chaque /'onction en opposition avec la connaissance plus facile de la fonction elle-même, nous sommes bien obligés de reconnaître que nous admettons un caractère anatomique organique, à une foule clefonctions, malgré l'impossibilité où nous sommes de constater en quoi consiste cet organe ou mieux ce caractère organique. C'est ainsi,par exemple, qu'aucun médecin n'oserait soutenir que les manifestations hystériques n'ont leur cause, leur raison dans aucune modification spéciale· du système nerveux, bien que la science n'ait pas encore su établir de visu le -caractère anatomique de cette modification. Au fond, il n·y a rien là de plus étonnant que la nécessité où sont les physiciens -et.les chimistes d'admeUre de simples modifications d'équilibre moléculaire dans une fout~ de phénomènes sans pouvoir non plus constater matériellement cette modification moléculaire. Les découvertes bactériologiques et surtout la constatation des -effetssi puissants de doses infinitésimales d'alcaloïdes, les investigations sur les phénomènes de la nutrition et la conception des auto-intoxications nous ouvrent des horizons nouveaux et nous semblent appelés à modifier profondémeu L les théories grossiè-
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