LA soc11hÉ coLLECTIYISTE 090 Révolution, au lieu de la combattre, la trouveraient légitime, et non illégitime, parce qu'ils comprendraient qu'elle les avantagerai, au lieu de les ruiner. I !s continueraient leur petite eu lture personnelle, leur petite industrie personnelle, leur petit commerce personnel, aussi longtemps qu'ils le pourraient, avec les services publics com rnunaux, régionaux: et centraux pour coilcurrents; les petits rentiers continueraient do toucher leurs petites rentes - jusqu'à nouvel ordre. Certes, il ne réaliserait pas encore une société modèle, ce collectivisme-là, mutilé, où une partie dn sol resterait livrée à une culture élémentaire; où tïntérôt d'industriels et de commerçants demeurerait en antagonisme avec l'intérêt des consommateurs; où des petits rentiers, daus toute la vigueur do l'âge, pourraient, à leur volonté, vivre sans produire; où la monnaie. signe impersonnel do la richesse, circulerait encore aYec son caractère particulier de pouvoir convrir toutes les indignit.<'.·s. Toutefois, la transition serait superbe et courte; elle constituerait une rupture formelle avec notre civilisation; elle offrirait aussi le grand avantage de fournir une p6riode peut-être néeessaire aux tùtonnements pratiques inévitables; elle formerait plus qu'une introduction, elle serait le premier chapitre dn livre. Mais parions que cette transaction bônig-no ne se réalisera point, et que les dirigeants, rois et capitalistes, ne tiendront nullement à poser les deux questions susdites à leurs sujets et ù leurs exploités? Conséquence : La Révolution. Or, cette Révolution, pour triompher, doit posséder des partisans, - dans la plus grande partie do l"Europe, du moins, - suffisamment nombreux; les uns, ravant-garde, pleinement éclairés sur le but et les moyens; les autres, avec des idées. vagues, mais poussés par une aperception socialiste. Comment éclatera cette révolution, ou, pour mieux dire, quelle forme prendra la. série de crises, tantot pacifiques, tantot sanglantes, qui abou tiront'à la Révolution? Les crises ! La série est cornmencée. Le Premier-Mai, la misère croissante, les chomages, les. grèves, la formation des syndicats ont sonné le tocsin dans le monde européo-américain. Dans le Parlement français, M. Clémenceau jette aux. monarchistes et aux opportunistes irrités ces paroles de feu :
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