La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

A NOS LECTEURS 6'15 de-transition entre la civilisation actuelle et la civilisation supérieure de demain : la civilisation socialiste. On traite les réformistes en ennemis ; aux légitimes revendications des travailleurs et des opprimés de tout genre, les gouvernements ne répondent que par des sophismes ou des menaces, quelquefois même par les répressions les plus injustifiées, et les capitalistes par d'inexorables évictions patronales .qui sont à l'époque moderne ce qu'étaient les excommunications religieuses au ·Moyen-Age. Que de haines on amasse ainsi et quels révolutionnaires -Obstinésque ces aveugles et rapaces conservateurs I Comment ne comprennent-ils pas que refuser avec tant d'opiniàtreté de faire droit aux plus pressantes et aux plus légitimes revendications des travailleurs, c'.est rendre inévitable un cataclysme social, auprès duquel laRévolution frauçaise elle-même n'aura -été qu'une idylle politique? Sous la double action du sentiment croissant de justice et -de l'intensification également croissante de l'exploitation capitaliste et des antagonismes économiques, le malaise augmentant sans cesse et étant toujours plus vivement ressenti, en .arrive à créer une situation de plus en plus révolutionnaire. Il faut que cette situ.ation ait une issue. • Pacifiquement ou violemment,le prolétariat se fera sa place .apportant à la Société moderne le bienfait d'un ordre social fondé sur l'universalisation de la science, du travail et du bien-être. Tel est bien la situation ; par suite, le devoir de tous les progressistes, de tous les clairvoyants, est bien tracé : participer .avec les socialistes à l'œuvre sainte de pacification et de réformes, par laquelle les conflits sanglants seraient écartés et la grande réconciliation sociale serait opérée sur le terrain de la justice économique et de la solidarité humaine. L'hésitation est d'autant moins admissible que dans la vie d'épreuves qui est si souvent leur lot, sous la calomnie. sous la persécution et sous l'outrage, les combattants du bon combat -0nt la consolation de pouvoir penser que nul effort pour le mieux être moral et social des hommes n'est perdu ; que l'issue finale du conflit coutèmporain ne saurait être douteuse et qu'il est plus prochain ·qu'on ne croit peut-être le jour où les hommes, délivrés de toutes les servitudes, bâtiront pour une Humanité éclairée, heureuse et bonne, des cités idéales Plus fortes que le fer avec le Droit sacré. En avant donc pour le combat socialiste et vive !'Avenir! B. MALON.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==