MOUVE:\IEN'T SOCIAL E:'.\FRANCE ET A. L'ÉTRANGER 629 A la fin d'octobre 1889, cinq person ues comparurent devant 1e c tribunal particulier du Séuat, jugeant les crimes politiques)). ·C'étaient : 1° Sophie Gunsbourg, bourgeoise de la ville de Kertch, vingt-cinq ans; 2° Mikaïl Stoïanowsky, étudiant, vingt .ans; 3° Leïba Freifeltz, étudiant, vingt-cinq ans ; 4° Piotre Douschewsky, officier d'artillerie de la place de Cronstadt, vingt .quatre ans ; 5• Alexeï Orotchko, sous-officier d'artillerie de la place de Sébas.topol, vingt-quatre ans. Ils étaient prévenus «d'avoir appartenu au parti de la Volonté <lu peuple (Narodnaïa volia) qui a pour but le renversement de l'ordre politique et social actuel par voie révolutionnaire, et qui .a choisi comme l'un de ses moyens d'action l'attentat contre la vie sacrée de l'empereur 11 et particulièrement<< d'avoir organisé un attentat contre la vie d'Alexandre III. ~ La base de cette accusation, le point de départ <letoute l'affaire, était bien connue, les journaux l'avaient annoncée; une proclamation écrite sur un bou l de papier et trouvée dans le portemonnaie qu'une femme avait laissé, par distraction, dans une papeterie, appartenant au lieutenant en retraite, Pierre Tatarinoff. La police informée du fait, constata que le porte-monnaie .appartenait à Mlle Vilhelmine Braun. Toutes les personnes plus 011 moins liées à :MlleBraun furent arrêtées. Elle-même avait pu disparaitre. La police acquit bientùt la preuve que son véritable nom était Sophie Gunsbourg. Traquée pendant plusieurs mois, elle fut arrêtée en Crimée, au moment ou elle se disposait à gagner l'étranger. Sophie Gunsbourg refusa d·abord de donner aucune explication. Mais il fut reconnu par l'expertirn que la proclamation avait été écrite de la mai11de Michel Stoïanowsky. Alors, pour sauver la tête de ce jeune homme, Sophie G uns bourg déclara que « la proclamation avait été composée sur sa demande, par un libéral dont elle ne dirait jamais le nom et avec lequel elle était ~mtrée en pourparlers par l'entremise de Pierre La vroff. Cependant il manquait à l'accusation toute preuve de complot, de préparation à un attentat. Ici se placent des faits d'une gravité exceptionuelle qui, s'ils sont vrais, engagent de la façon la plus formelle, la re.sponsabilités de deux gouvernements étrangers. L'acte d'accusation après avoir raconté l'histoire des bombes de Zurich et la mort tragique de Dembo (Briustein), s'P.xprime .ainsi: « Une perquisition opérée à Lausanne, chez la bourgeoise de Homel, Marie Gunsbourg, par les autorités suisses, a amené la découverte de documents qui ont un rapport direct à cette .affaire.
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