La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

G21 LA REVUE SOCIALISTE envoyée à Rome, aux membres du Congrès de la Paix, par les députés socialistes français : Messieurs, Nous sommes heul'eux de proflte1· de la ci1·constance qne vous nous offrez pou1· ,·ous rappeler que dans le progrnmme des socialistes des deux mondes. figul'ent les revendi<'ations suivantes: 1• Dt<~al'mement international, progressif et simultané; 2' Solution des difîé1·cndsinternationaux par l'ar1Jit1·age; 3° Renonciation formelle aux gucnes. agres. ives et des conquêtes et -t• Fédération et fraternité des peuples. Souhaitant que de la communauté de nos effo1·ts sui· ce terrain résulte le t1·iomphe d'une des meilleures causes en faveur de la civilisation humaine, nous vous prions d'ag1·éer rassurnnce de nos meilleurs sentiments. Signé : Boye1·,Couturier, Chassaing, Jourrle, Pajot, Hovelacque. Baudin, Lachize, Thivl'ler, Dumay, Guillaume, Millerand. Le P,·ocès clesRévoluUonnaiTes. - Amilcare Cipriani joue le premier role dans ce procès, quoique, au dire de tout le monde il se soit efforcé, le 1c•· Mai, d'exercer une influence modératrice. A cùté de la ph,ysionomie si expressive de Cipriani, nous distinguons. parmi les soixante-deux accusés, l'anarchiste Palia, un peu violent celui-lù, - le fougueux orateur Ettore Bardi, - l'ouvrier Cartonesi - les tribuns Gnochetti et Calcagno, - puis la curieuse et sympathique figure de l'étudiant allemand Korner, que la tuberculose emporte pièce par pièce et qui fait penser au type de Sigismond Busch de l'A rgent de Zola. Tout est bizarre dans ce procès, la longue détention préventive des soixante-deux inculpés, l'arbitraire de l'instruction, le savant échafaudage des accusations, les calomnies du ministère public, l'odieuse partialité du tribunal, le grotesque et déloyal autoritarisme des juges, la liberté de parole contestée aux avocats, les poursuites annoncées contre eux, sans parler de l'immense cage de fer, dans laq uPllc on a la barbarie d'enfermer les accusés paraissant devant le tribunal. Mais ce qui dépasse véritablement les bornes du cynisme, c·est l'arrèt rendu par le tribunal que le procès serait continu~ en l'absence des accusés, et cela uniquement parce qu'après la déposition men'3ongère d'un commissaire de police,Cipriani s'est écrié : « Ce mouchard est le digne produit de votre pourriture monarchique. >> Jamais aucune magistrature n'avait osé fouler aux pieds avec autant de rageuse désinvolture les droits sacrés de la défense. Aussi, les avocats Sollini, Riccio, Camcrini, Santini et notre ami Fratti ont-ils immédiatement protesté contre l'illégà-

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