La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

CORRESPONDANCE 609 CORRESPONDANCE Mon cher l\falon, Le rapport sur les mouvements de la population en 1890, que vient de publier M. Vannacque, chef de la division de la comptabilité et de la statistique au Ministère du Commerce, met 1::nrelief des constatations graves, qu'il est nécessaire de relever, dans l'interét de la science socialiste. • Vous vous souv~mezqu'en juillet 1890, la société de statistique de Paris applaudissait chaleureusement un compte-rendu dans lequel son auteur, M. de Foville, s'était donné la mission de réfuter, et ma formule des catastrophes et les pronostics que cette formule m'avait permis de préciser, dès 1885. Ces pronostics indiquaient trois étapes de crises d'ordre croissant devant se produire en 1888, puis en 1890, puis en 1893. Pour 1888, j'avais dit que les antagonismes économiques « ramèneraient exactement la situation d'où étaient sorties les « crises de 1848; et aussi que M. Wilson coûterait à son beau- « père la perte de son fauteuil de président, ce qui vaudrait à la (( France une réaction juh:e. » Ne pouvant nier la crise, qui a commencé par la chute de M. Grévy et s'est continuée par l'éruption césarienne, et a1;plaudissant d'ailleurs à la réaction annoncée, mon critique avait résolument nié la justesse de ma prévision et s'était surtout rabattu sur le fait que les tue1~ieset les dest1~uctionr:, de 1848 ne s'étaient pas reproduites en 1888. Sans renouveller ici ma démonstration que la prévision d'un état de crise n'implique pas la fixation des for·mes de la 39

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