LA SOCIÉTÉ COLLECTIVISTE 605 des sots, quand il devrait les ravir, pourquoi s'attacher à un si mince détail? Puis, sera-t-il bien grand le nombre de ceux qui repousseront le travail manuel, ne fùt-ce que comme hygiène, repos d'esprit, distraction? N'oublions pas, parmi les cauSl'S qui pourront rendre le travail attrayant, l'alternance des t.:'tcheset les. courtes séances. - 0. Admettra-t-on des honneurs particuliers, des décorations, par exemple, pour surcroit de stimulant a11travail? - R. Peut-être jugera-t-on ces ridicules hochets nécessaires pendant les premières générations de la société collectiviste. Mais ils finiront par disparaitre, gràce au développement de la raison, ù l'élévaLion des sentiments, favorisée 1,ar le milieu nouveau et une éducation morale. - O. La société n'emploiera plus que des fonctionnaires. et aujourd'hui on les trouve d<'.-jtùr.op nombreux? - R. Qu'est-ce qu'un fonctionnaire? Faut-il entendre parce nom tous les indi ddus rétribués par le trésor natioual, départemental ou communal, pour exercer un emploi quelconque t Assurément, si l'on consiùère les fonctions qui doin~nt être supprim{•es on réduites, ils sont infiniment trop nombt·eux; et cette vérité constitue dans le socialisme une critique fondamentale. Certes, ils disparaitront les soldats, les prêtres, les commis des douanes, des octrois, etc. Ils seront infiniment réduits les magistrats, 10spoliciers, les gendarmes, etc. En revanche, est-ce qu'ils sont trop nombreux les employés. des postes, des chemins de fer de l'Etat, les professeurs, en élaguant, bien entendu, les sinécures? Que peut-on blâmer actuellement dans le fonctionnarisme?' Le parasitisme déjà mentionné. Une hiérarchie anti-démocratique, livrant an bon plaisir de chefs grassement payés, presque toujours insolents, tyranniques, infatués de leur autorité, des subalternes qui ne le::;ont pas élus, et qui ne reçoivent, eux, qu'un salaire dérisoire. Qu'est-ce que ces tyranneaux, d'nn côté, et ces esclaves de l'autre, offrent de commun avec les hommes de la société collectiviste qui répartira également la richesse sociale, et possédera des directeurs, des contrôleurs de travail élus ~t temps, et toujours révocàbles par leurs collègues? Et quelle ditférP.nce voit-on entre les fonctionnaires actuels et les salariés de l'agriculture, de l'industrie et de la bureau-
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