La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LA SOCIÉ'l'É COLLECTIVISTE 601 - R. La comptabilité se complique nécessairement, au contraire, avec la multiplication des parasiteg, des rouages économiques inutiles. Aujourd'hui, chaque spéculateur, chaque propriétaire, chaque industriel, chaque commerçant, chaque fP.rmier, qu'ils emploient ou non des salariés, ont ou doivent avoir leur comptabilité particulière, comprenant cc qu'ils achètent et ce qu'ils vendent, soit au comptant, soit à crédit. Douanes, octrois, armées, etc., ont leur comptabilité. Les éléments devant fournir les chiffres de la production et de la consommation de cent hommes ou de cent millions d'hommes, sont les mêmes: l'hygiène, le climat, les habitudes, la pratique les fournissent. Chaque commune, chaque région, dresseront une statistique: où sera la difficulté d'établir le total? La plus large publicité indiquera le nombre de producteurs et d'employés nécessaires dans chaque corporation. Quand des hommes aujourd'hui se font ou, le plus souve!lt, qu'on les fait cultivateurs, maçons, musiciens, employés (prenons presque toutes les professions), est-ce qu'ils ue procèdent pas aveuglément? Est-ce qu'ils savent si l'offre est au-dessous, au niveau ou au-dessus de 11;d1e.mande? La comptabilité, loin d'ètre plus compliquée, le sera infiniment moins. Considérons une famille. La ménagère, ou la cuisinière, pour établir l'ordre, est tenue de dresser chaque jour un état de ses recettes et <leses dépenses: calculons ce que cela représente d'écritures pour la totalité! Avec le système des cuisines publiques, dont une seule alimentera des milliers de familles, est-ce que les« écritures~ ne seront pas infiniment plus simples? Avec les fonctions parasitaires qui disparaitront, les montagnes d'imprimés, d'écritures, de paperasses qu'elles nécessitent, dispa!'aitront aussi. - O. En réduisant les heures de travail, au lieu d'augmenter les sala.ires, pour suppléer àl'insuffisance du nombre des travailleurs, ne déplace-t-on pas la difficulté, au lieu de la résoudre? Supposons que, pour une certaine quantité de travail nécessaire à un certain chiffre de consommation, la société ne dispos€> que de cinquante volontaires, quand il en faudrait cent. Le taux normal étant de six heures de travail, je suppose, elles sont réduites à trois. Alors, pour obtenir les six cents heures de tra-

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