La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LE CONGRÈS D'ERFURT 573 la solution de la question sociale dans le créditement par l'Etat des sociétés ounières. Et il avait garde de trop demander: "Cne banque centrale du travail ayant Ir, monopole ries billets pou1Tait facilement, disait-il, maintenir en circulation pour trois cents millions de thalers avec une ençai~se de cent millions. Elle amait tl'ouvé ainsi de quoi prêter aux sociétés coopératives, cent millions de thale1·s qui ne lui au1·aient rien coùté du tout. Les sociétés s'établiraient d'abord dans les districts qui s'y pl'èteraient le mieux pa1· leur genre d'industrie, la densité de la population et les dispositions des ou,Tie1·s. Su~cessivement, il s'en fonderait d'autres rlans toutes les branches du travail et même dans les campagnes. On pourrait avoir un budget spécial pour l'agriculture. En cc qui touche l'industrie, ayec cent millions de thalers on fourni1·ait le capital indu. t1·iel indispensable à quatre cents mille ouvriers et avec les intérêts annuels à G % soit cinq millions de thalers, on étendrnit chaque année les bienfaits de l'assochti"n à ,·ingt mille ouvriers avec leurs famille:. Les société,; établi1·aient entr'elles des relations de solida1·ité et rie crédit qui leur assureraient une grande solidité. Ainsi, au bout de quelque temp.-, la nation. au lieu d'offt·ir le tableau de capitalistes et rl'ouHie1·s hostiles sernit cntiè1·ement composés d'ouvriers ca1,italistes groupés d'après le geni·e de Jeurs occupations. Combien de siècles pour en arriver lù. aYcc de tels moyens? Les adhérents de l\farx èn Allemagne et en Antrichc,se groupèrent sépal'émr.nt après la mort de Lassalle et bientùL formèrent un parti puissant qui reçut sa charte dn Congrès tenu en 1807 à Eisenach. Ce fut dès lors la guerre entre la SocialDenwh1·atische A rbeiterpartei (parti marxiste d' Eiseirnch) et l'Allgemeine deutsche A1·beiterverein ( parti lassallicn ). Mais comme on poursuivait,en somme.le mème but,les chefs des deux partis Bebel et Liebknecht, au nom des marxistes, Hasenclever et Hasselmann au nom des lassalliens. entamèrent des négociations qui aboutirent. On décida que le Parti ouvrier clemocrate socialiste d'Eisenach et l'Union génerale allemancle ouvrière des groupes lassalliens fusiouneraient pour devenir le Pa1·ti ouvrie;• socialiste d' Alleniagne (Socialistische Arbeiterpartei Deutschland) et que le Congrès de fusion se réunirait à Gotha, dans le courant de 18ï5. Le Congrès eut lieu,et,malgré la désapprobation violente de Marx, l'union se fit sur le programme suivant, ou la doctrine marxiste est par place adultérée de démocratisme et de réformisme lassallien. Ce programme n'a pas moins servi de modèle à presque tous les programmes ouvriers contemporains. I. - Le travail est la source de toute richesse et de toute cultw·e, et vu que le travail d'une utilité générale n'est possible que par la société (ce

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