La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

5Ei2 LA REVUE SOCIALISTE LECONGRDÈ'SERFURT De plus en plus le socialisme s'affirme comme le plus puissant des facteurs de l'évolution contfimporaine ; les choses en sont à ce point que les assises socialistes prennent la proportion de grands évènements européens et que plus que les entrevues d'empereurs, de rois ou de ministres ellE's passionnent la presse et préoccupent l'opinion publique. Ce fut le cas ponr le congrès international de Bruxelles ; les débats d'Erfurt n'auront pas eu moins de retentissement. Il est vrai que de charitables espérances de scission attiraient tout particulièrement l'attention de la presse diversement conservatrice sur les récentes assises des démocrates socialistes allemands. Hàtons-nous de dire que ces espérauces ont été presqu'entièrement déçues; ce qui fait que, pour ceux qui les avaient caressées, le Congrès d'Erfurt n'a pas tenu ses promesses et n'a plus, dès lors, de signification particulière. Tel n'est pas notre avis. Par le changement de programme qu'il a sanctionné à l'unanimité de ses 250 délégués, le parti démocrate socialiste allernaud :-t. déclaré, conformément à la plus stricte orthodoxie marxisl,e, que la sociél,é actuelle n'est pas réformable. Or, qu'un parti révolutionnaire si puissant, d'un passé si illustre et se trouvant en face d'une situation si complexe, se soit ainsi volontairement enfermé dans les mailles serr1\es d'une doctrine inflexible, comme le croyant dans son dogme, c'est Làun évènement capital, gros de conséquences et qui appelle l'attention de tous ceux qui des grands intérêts humains se soucient. Kous nous arrê-

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