La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DE LA SOLIDARITÉ SOCIALE 529 ni accident. Lazo,; de la 1.•ie est un devenir- perpétuel, résultant des équilibrations et rééquilibrations, des adaptations et réadaptations incessantes de l'organisme à ses conditions nouvelles d'existence; la même loi entraîne pour l'organisme social la même nécessité d'adaptations et de readaptations continuelles à ses propres conditions d'existence. A la loi fondamentale de la solidrcrite il faut ajouter la loi d'adaptation. A ceux qui s~raient tentés de nous objecter que la solidarité sociale visible, incontestable dani': les grandes lignes, est loin d'apparaitre aussi distinctement dans les détails, parait même souvent faire complètement défaut souvent dans les faits sociaux d'ordre local ou d'importance médiocre, nons répondrons: 1° que le moindre fait de solidarité sociale est tellement complexe qu'il est tonjours difficile sinon impossible de pouvoir espérer en saisir toutes les causes et conséquences sans exception ; 2° Qu'il en est des faits sociaux comme des faits de notre vie individuelle: acucun phénomène de quelque minime importance qu'il soit ne s·y passe sans entrainer sa rfaction : mais prt'!cisément par l'effet de la double loi de solidarité et d'adaptation, cette réaction, cette rééquilibration s·opèt'e sans trouble apparent, ni sensible, toutes les fois que l'ini-luence modificatrice n'a pas été suffisante pour entrainer une rupture de l'équilibre organique et produire un changement définitif. Ici, en effet, la réaction, c'est-à-dire la réadaptation qui répare ou préserve l'organisme n'est que la conséquence de la solidcwité du tont et do ses parties; c'est une véritable force, ou plut0t c'est le fond même de coque nous appelons la vitalite, lafon·e vitale, ou encore dans ce cas particulier, la foi·ce 11uJdicatl'ice (vis naturœ 111,eclicatrix). Cette force est d'autant plus active, pl us puissante, que la vttalite, c'est-à- dire la solidarité, est mieux organisée. C'est eu effet ce que nous voyons se confirmee dans notre société où une crise financière, industrielle ou agraire est d'autant mieux supportée, mieux 1Yipatée quo la richesse natio,iale, c'est-à-dire la vitalité procluctive, la solidarité économique en un mot, est mieux bquilibréo, mieux organisée entre tous les éléments productifs d~ la nation, de sorte que, en cas de perte ou de spoliation d'un coté, toutes les autres ressources productives s'entr'aiden t, contribuent ensemble i réparer la brèche. La solidarisation constitue donc 'un avantage puisqu'elle procure à l'inJi vidu, ù un groupe social, la force de r6action de l'organisme social tout entier : c'est ce qui a fait dire que l'union ("aft la ("orce. C'est la loi du pi·ogrès, la loi du développement, c'est la loi sociale d'où dérivent toutes les autres. D'' JULIE~ PIOGER. (La suite au prochain numéi'o)

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