J\IOU\'E.\IENT SOClAL EN FRANCE ET A L'i::TRANGER 483 Le. pétitions collective .. remi. es tant au Palais-Bou1·bon qu';iux pr<-fectures et aux mai1·ies, ont d'autrn pai·t réuni, à l'appui de la jou1·née de huit heu1·es et des aut1·es 1·cvcndications du Congrès de Pai-is, près de 500 chambres syndicales on gl'Oupcs socialistes. c·cst sous le coup rie cette« journée historique» et rie la salutai1·e terreur qu'elle a imprimée à notre monde gouve1·nemental et capitaliste que la Chambre s'e t déciclée à voter la loi sui· les déléguc<smineurs (1) et à étend1·c aux femmes le projet de réglementation du travail jusqu'alo1·s limité aux enfants et aux !illP.s mineurs, pour ne rien di1·e de l'enquête pal'lementaire ouvel'tc sur la réduction de la joul'llée de trarnil, rie la circulaire ministfricllc rappelant les pati·ons au 1·cspcct de la loi des 12 heures et <lu Conseil supérieur du t1·avail con:titué pa1· déc1·et. Les grandes g1·èvcs qui ont suivi, notamment dans le :'\ore! et dans le Gard, ont abouti à la forn1ation de puissantes chambres syndicales, entre aut1·es celle des tissc-urs de Roubaix qui rayonne aujourrl'hui . u1· quantité de communes restées jusque-là inorganisablcs et compte plus de 5.ûOO adhérents a,·ec un encaisse de 30.000 lt·anc:; celle des tisseu1·s de Lille qui comp1·cn<l deux millie1·s de membres; celle de. mineu1·. d'Alais, ctr. Le Ier i\lai 1891, f(Ui n'avait pas été prévu pat· le Cong1·èsinternational de Paris et qui fut dé<"irlépour la France par not1·e Congrès cle Lille et par le Congrès syndical de Calais, n'a été ni moins impo. ant, ni moins fécond. Ceux-hl. mème qui avaient fait plus que de se teni1· à l'ccart de la manifestation de l'année p1·écédcntc, qui l'avaient combattue avec arha1·nement comme d'origine marxiste, furent obli;..:és de se rallier à la manifl'Station de cette annèe. Et, malgré l'cxpc1rience pacilique de 1890, malgn: le: dcclarations 1·épt 1 ées des Ol'ganisateu1·s que « l'on ne so1·ti1·ait pas de la légalité qui su/lisait à la pression qu'il . 'agissait d'exe1•c..,1s·ur les pou\'Oit·s pulJlirs », poss«dants et dirigeants n'eurent de 1·cposqu'en mobilisant cont1·e la nation ouvriè1·e l'a1·mée dite nationale, eten faisant occuper militairement les gl'anùes Yi Iles et tous les rent1·e. inclusti·iels. Le foi· Mai 1801a été marqué à Paris pa1· l'cnYoi à la Chambre, (qui a rcfus6 de la rcceYoi1·) d'une dlqégation nationale composée de représentants de plus de mille syndicats et groupes socialistes. Yenus au no111l)l·ede vingt.- huit des Bouches-du-Rhùoe, de l'.-\.ude, cle la Gi1·onrJe,de la Loi l'e, de l'Allier, de la eine-Inférieurc, du Pas-de-Calais. du No1·d, etc., et auxq11els s'était ,ioint un mcmb1·e de la Chambre des communes, le cito~·en Cunningham Graham, comme << témoignage de !"union active des trarnilleu1·s d'Angldet'l'e et de France en vue de la joul'llée légale et internationale de huit heures. >> Ainsi que nom:: l'avions annoncé, les différentes organisations socialiste::; françaises se sont assemblées sans confusion le 19 septembre derriier, à la seule fin de créer un Sec)'(}trr,- riat génr.h'rû du T1·avail. Quoique très animée, la réunion n'a pas cessé d'être calme el courloise. L'on a décidé de renvoyer les premières propo ilions àl'étud.edesdivers groupements socia- (l) La Loi trés insuffisante, puisqu'elle n'assure pas l'indèpendance économic1uedes délcgués, obligés, pour YÎvre, de rester au service des Compagnies, qu'ils sont chargés de surveiller; mais très importante d'autre pa1·t en ce sens qu'en appelant les cent mille mineurs de France à clire des prèposcs à leur sècurité, elle introduit le « sufüage corporatif " qui ne ta1·derd pas à être génêrafüé.
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