La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

::IIOUYEMENT SOCIALE~ FRAXCE ET A L 0 l~TRAXGER 481 Pal'li ont, non seulcmC'nt rallié leur syndicat respectif, mais poussé de toutes Jeurs forces aux unions et aux fédérations du métier. De ces effort· sont sortis: une Fédération l'égionalc des tisseurs de la Loire et du R!1ôoe qui deviendra nationale dans quelques semaines au moyen d'un Congrès national de l'industrie textile, convoqué à Lyon. l'nc autre Fédéi'ation nationale. celle de la dentelle mémnique, est en bonne YOie, par suite de la campagne de Delrluze et de Salcnbicr qui, une fois syndiqués les tullistes de Calais-St-Pier1·c, ont, avec Lang,·and, syndiqué et fidéré les tullistes de Ca·1dry et de Saint-Quentin. D'autre part, c'est s0us les auspiees, et avec le eonrouI·s du Con~cil national du Parti, qu'un premirr Congrès national des marins du commerce, pèrheut· et autres traYailleurs de la mer, s'e:t tenu à l\lar,;cille. préface et gage d'une prnchainc Fédération nationale de tous les inscrits maritimes de France. Le. mineurs ont é~alcment été l'ol)jet d'une autre action. Gdcc au zèle et au dévouement des groupes du Pa1·ti dans l'Allier. le CongTès national qui a eu lieu à la fin de maI·s à Commentry. et où étaient 1·epréscnt<:sles bas:-ins houillers de la Loire, du Gard, de la Ha11tc-Loire, de l'Isère. <le l'Allier, de Saône-et-Loire, de la Cl'euse et du Puy-de-Dôme, a pu jetct· les bases d'une organisation nationale qui s'rst am1·mée au Congl't'.•s international tenu à Paris qurlqucs jours plus tard, et ne sera pas longue à s'étcnrlrc au No1·d et au Pas-de-Calais. Son action Intei·nationale. Convainru. comme le dit excellemmrnt le pl'o,ict de pI·ogramme de nos frères d'Allemagne, que << l'émancipation du trnvail est un problème non pas local, mais social», qui exige pout· sa solution. l'entente et la coopératio11 des ti·availleurs de tous les pays, le Parti s'est attaché à ressrITeI· les bases de solidarité qui doivent unit' pu-dessus le frontières les diverses classes ouvrières, faisant de plus en plus une seule et m~rne armée. C'est ainsi qu'apt·ès avoi1' envoyé son obole aux ùémocrates-social istcs d'Outre-Vosges en lutte électot·ale contL·e l'Empire et ses lois <l'exception. il a tenu - au grand scandale de nos chauvins bout·geois - à déléguer à leur Congrès de Halle deux membces de son Conseil national pour affir·mcr, devant l'antagonisme des deux gou\·emements, l'union des deux prolétat·iats et crier: Vive l'Allemagne ouv1·iêre 1 C'est ainsi qu'après avoir envoyé à Londres notre sec1·étairepour l'extérieur pou1· p1·end1·ela parole au grand meeting <l'Uyde-Park, le 3 mai 1890, dans l'impossibilité d'assistei· tant au premiei· Cong1·èsdes gaziers et manœuvres d'AnglctetTe qu'au Jernie1· Congrès <les socialistes d'Autriche, nous nous sommes fait rep1·ésente1·à Dublin et à Vienne par des adresses de sympathie et de félicitations. Le Parti - sui· le ten·ain international - ne s'est pas borné à ces manifestations politiques. li a agi au point de vue corpo1·&tif, mettant en rapport, engageant dans les mèmes cbmbats soutenus en ~ommun les organisations ouvrières de France et de l'ètrange1·. C'est un membt·e du Parti, le citoyen Letailleu1·, qui, lors de la g1·ève des tullistes de Calais, en octol)l'e demier, est allé en Angleterre faire appel aux: subsides des tu!Jistes de Nottingham d des autres tt·ade's-unions d'OutreManche. Subsides qui n'ont pas peu contribué à la capitulation patronale. Et lorsqu'à l\lanningham une grève s'est déclarée plus tard, le Parti a cté heureux: de voir les tullistes de Calil,iS remplir à leur tour leur devoi1· international en s'imposant, au profit des camarades d'Angletene, de 50 centimes pal' tète pa1·semaine. 31

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