SOCIALISME ET CATI-IOLICISME 473 « l'œuvre du relèvement, en accomplissant parallèlement leurs << devoirs respectifs.» - Et après? Lorsqu'on aborde la question des voies et moyens, il faut toujours en revenir à la franche distinction de Clémenceau et du comte de Mu11: Revolution ou Eglise; il faut prendre parti: être avec Malon pour le Socialisme Integral ou avec le Pape pour le Catholicisme Intégral, avec le Congrès· de Bruxelles ou avec le Congrès de Malines, avec l'Internatiqnale rouge ou l'lnlernalionale noire. L'Eglise a cru bon de jeter aux classes ouvrières éprises de démocratie, envahies par le Socialisme, un peu de cette poudre aux yeux dont Pie IX, l'inventeur de l'infaillibilité, ne crut pas devoir taire les frais pour le libéralisme, et dont Léon XIII, après lui, n'a pas jugé la dépense aussi complètement inutile pour le Socialisme. Car Léon XIII est essentiellement temporisateur. C'est lr Cunctator par excellence. C'est du temps et aussi des conseils donnés à l'heure opportune qu'il attend non seulement le triomphe local de la doctrine chrétienne, mais encore la conciliation urbi et 01~bt de tous les divers éléments de la Chrétienté. Celte dernière question a même été effleurée au Congrés de Malines, organisé pour opposer l'autoritaire hégémonie catholique à l'alliance libérale des divers partis sor,ialislrs internationaux. Heureusement ce Congrès au lieu d'Pnrayer l'essor du socialisme n'aura servi qu'à le fortifier et à montrer avec évidence la justice de sa cause et l'impuissance de ceux qui le combattent. Certe:s nous ne nions pas que le vieil Evangile soit parfois un excellent auxiliaire de l'instinct social. Mais le labarnm moderne, celui qui symbolise les espérances el les droits de l'humanité n'est plus à Rome. Depuis la Révolution française, le Signe de la Croix ne peut plus ètre le signe de l'idéal nouveau. Le labarum contemporain est incontestablement le drapeau rouge. Trop tard! crions-nous à la papauté qui veut courir de nouvelles chances de progrès et de gloires, en s'inspirant mieux des idées ambiantes d'amélioration sociale et en suiv:-tnt une politique différente de celle qui a fait perdre à l'Eglise de France tous les éléments de succès. réunis sous sa main, quand elle était saluée comme une espérance par l'A!'!semblée de Versailles, quand on plaçait la patrie ·de Voltaire et de Diderot sous l'invocation du Sacré-Cœur, au nom duquel l'on vient de conduire d'anti-patriotiques pélérinages ouvriers jusques à Home. Nous ne suspectons pas les bonnes intentions sociales du Cardinal Langénieux et de M. de Mun. Mais à un point de vue général, les attaques catholiques contre les défauts el les imperfections de la Révolution franc:,aise, « qui a laissé l'ouvrier isolé et
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