UNE SOCIÉTÉ COLLECTIVISTE 161 Aujourd'hui, cette culture intégrale n'existe que pour un nombre minuscule d'individus. Presque toujours, on ignore soimème les travaux pour lesquels on est le mieux organisé. La nécessité ou le hasarçl imposent. la tàche qu'on remplit. - O. Toutes les imprimeries étant propriété publique, il faudra donc, pour publier un imprimé quelconque, l'autorisation de censeurs, ou, tout au moins, d'examinateurs préposés à cet effet? - R. Ni censeurs, puisque complète sera la liberté de la presse; ni examinateurs, puisque les publications privées se feront aux frais des particuliPrs. Quand un auteur aujourd'hui ne trouve pas d'éditeur, il publie son œuvre à ses frais ou avec le concours de ses partisans; rien ne sera changé sous ce rapport. - O. Serrom; de plus près la question: quand on voudra publier un journal, par exemple? - R. Eh bien, des citoyens s'entendront pour en faire les. frais, et le chiffre de leur avoir social sera réduit du montant de ces frais. Supposons que ceux-ci, rédactions comprises, soient évalués ù deux cent mille francs par an, et supposons encore que la part sociale annuelle de chacun (et de chacune bien entendu), soit de six mille francs. S'il y a quatre cents souscripteurs.chacun contribuera donc pour cinq cents francs, qui seront débités sur son livret. Le paiement des rédacteurs, élus par eux, figurera pour la totalité ou une partie de leur part sociale. S'ils sont appoiutés à six mille francs, ils seront dispensés detout autre travail. S'ils ne sont appointés qu'à trois mille francs, ils ne donneront que la moitié de leur portion contributive de travail social. Si la vente du journal rembourse les frais qu'il a coutés, chacun des souscripteurs rentrera dans ses fonds. Si elle ne les rembourse qu'en partie, chacun ne sera crédité que pour une somme proportionnelle. Sïl y a profit, la société en bénéficiera. - O. Sous quclle forme en b(•néficiera-t-elle ? - R. Sous la forme des produits qui lui appartiendront et qui grossiront. par conséquent, la richesse publique. Si un travailleur meurt après avoir fOurni son temps de travail, et avant d'avoir dépensé toute sa quote-part sociale, il a donné plus qu'il n'a reçu, il n'a pas consommé l'équivalent de ce qu'il a produit, et la société en profite. Ainsi, dans l'exemple du journal, elle a reçu de quatre cents.
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