456 LA REVUE SOCIALISTE mourraient de faim, à moins qu'ils ne trouvassent des producteurs bénévoles qui consentiraient à les entretenir par charité. Tout homme qui ne voudra pas fournir sa quantité fixée d'heures de travail social, pour faire de son temps l'usage qu'il lui plaira, sera libre seulement, sur sa déclaration ; la part qui lui revient ·dans la fortune sociale subira une rédu~Lion proportionnelle. Il y aura égalité dans la répartition des richesses (sauf les cas exceptionnels ou des citoyens déclareraient ne pas vouloir pour un temps fournir lequrintuni de travail fixé), mais il n'y aura pas, pour tous les travaux, égalité de salaires par heure, pnisque les fonctions les plus difficiles, les plus dures, les plus désagréables, ou les moins agréables, attirant naturellement un personnel moins nombreux, recevront un salaire plus élevé. Tels sont les principes généraux du collectivisme. Passons maintenant aux objections et aux réponses. III ÜBJECTIONS ET RÉPONSES. Objection. - Lorsq uc le revenu social sera le même pour tous, quel intérêt aura-t-on à bien travailler? Réponse. - Los causes qui font qu'on travaille mal maintenant sont multiples. Le plus souvent, le hasard, la misère, et non la vocation, imposent le travail auquel on est astreint; le travail du salarié enrichit seulement le patron, le milieu où l'on opère est presque toujours malsain, répugnant; on travaille sous les ordres d'un contre-maitre ou d'un chef imposé, qu'on n'a pas contribué avec ses coopérateurs à élire ; même en aimant le genre de travail qu'on accomplit, on s'en lasse, parce qu'on y est rivé trop longtemps, soit qu'on veuille du loisir en une autre occupation; enfin, l'enseignement, les exemples, les injustices, le milieu d'aujourd'hui démoralisent le travailleur : or, toutes ces causes disparaîtront. Le travail ne sera plus une peine. - O. Est-ce que la réduction de la journée de travail à huit heures ne paraitra pas suffisante à la société collectiviste? - R. Non certes I Elle sera réduite à six pour la première génération. Et la dur{·e diminuera gradnellcment, gràce à l'extension et au perfectionnement du machinisme, à l'emploi le plus étendu des forces naturelles, aux nouvelles découvertes,
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