UNE SOCIÉTÉ COLLECTIVISTE 451 Les écrivains collectivistes sont les architectes du nouvel -édifice. Ce mot« construire)) indignera, je le sais, les assotés d'immobilisme. Ils brairont doctoralement: Les sociétés sont la conséquence fatale des intérêts aux prises, des traditions, des besoins du moment, de l'initiative individuelle. On ne peut enfreindre les lois naturelles. On crée une t,alente sur le papier, mais on ne l'incarne pas dans les faits même par la force. Remarquons que, sauf ces deux dernières phrases, les -collectivistes profes:sent les mêmes vérités, - en y ajoutant leurs corollaires. Les intérèts en lutte? Pour ne citer qu'un trait, dans le -contrat de travail passé entre l'employeur et l'employé, èelui-ci, à l'état de prolétaire, est toujours victime d'une coaction. Quelles sont nos traditions 1 Un éboulis de toutes les croyances. Quel est le besoin du moment qui domine tout? La nécessité implacable pour les prolétaires de trouver leur pain quotidien. Hoquetenx I gagne, si tu le peux, ton penaillon et ton guignon ! Où se trouvent les initiatives croissant en nombre et en puissances 1 Dans le faisceau des forces socialistes, dans le flot socialiste rongeant le vieux monde. On n'enfreint pas les lois natnrelles? ~Iais cette loi naturelle, par excellence, que la terre ne doit pas constituer un monopole, qu'elle doit rester la propriété sociale de toutes les générations, est violée î Quant à la salente (collectiviste!) elle ne s'évapore pas en rève sur le papier; elle sortira des entrailles même de notre vie contemporaine, d'un ordre de choses matériel, intellectuel et moral entièrement nonveau, de solutions qui s'imposent à bref -délai, sous peine d'un naufrage au moins partiel de notre informe rudiment de civilisation. Et où les aliborons qui nient la souveraine puissance de l'iùée ont-ils vu dans l'histoire qu'une conception, un plan quel- . conque, servi par les circonstances et par la force, demeure impuissant à détruire et à reconstruire? Par quelles asiniques d'éducations concluent-ils que le système actuel de propriété est définitif? Par la force, une fraction du Tie1·s-Etat s'est gorgée des richesses arrachées à la noblesse et au clergé, - qui les avaient -conquises par le brigandage et la fourberie. Le Quatrième-Etat triomphant restituera, lui, à tous, le bien qui appartient à tous.
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