La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DES SERVICES co~n.ItJNA tJX 3!) En Belgique, on a voté une loi sur les logements insalubres qni ressemble fort à la loi française, c'est dire qu'elle sera aussi inefficace .. Voici ce qu'en dit un journal doctrinaire la Oa,;ette do Bruxelles : cc La lenteur avec laquelle on a pris les mesures complémentaires,qui seules permettront à la loi de 1889 de produire son effet, nous laisse peu d'illusions sur ce qne l'on en peut attendre. cc Sans doute les hommes de bonne volonté, désireux de se rendre utiles aux classes ouvrières, ne manquent pas ici ; mais la bonne volonté ne suffit pas dans la matière, et quand on considère le grand intérêt moral et matél'iel -- absolument incontestable - qui s'attache à la question, n'est-on pas tenté de donner raison à ceux qui demandent une intervention vigoureuse des pouvoirs publics ? « C'est du collectivisine, cUra-t-on peut-être. Elt ! qui pourrait dire où conimence et où (lnit le colteclivisnie ? Lo1·sque l'Etat nous fournit clesche,nins cle /e?', des routes, des canaux, lorsqu'il se charge du se1·vicede la poste, cle l'e,iseignement, de la p1·otection des arts et cles sciences, cle mille aut?'e choses, ne fait-il pas aussi du collecti·t·is11ie ? « Et quand on considère la grande œuvre de moralisation et d'hygiène sociale qu'il pourrait accomplir en prenant en main la question des habitations ouvrières, tout au moins dans les cas où l'initiative privée reste oisive ou impuissante, n·est--on pas tenté de penser qu'il y a un fond do raison dans certaines revendications qui effraient bien plus à cause de l'étiquette qu'elles portent, qu'à cause des inconvénienls qu'elles ont?» C'est fort bien dit et le salut est là comme 11e cessent, cla- ?nentes in deserto, de le crier les socialistes. Ils ne sont pourtant pltis seuls; parmi les économistès, l'interveution sociale en fait de logements, et notamment <le logements ouvriers, a aussi des partisans. On a pu lire dans l'Economiste f1•ançais, sous la signature de M. Leroy Beaulieu, un article où se trouvent ces lignes: « Un professeur bien connu de l'Université de Berlin, dit M. Leroy-Beaulieu,s'est prononr.é pour un projet de rachat d0 la propriété urbaine par l'Etat. C'est une idée analogue à celle de M. de Laveleye pour le rachat de la propriété rurale. _ cc Le plan de M. ·wagner serait, à nos yeux (c'est toujours M. Leroy-Beaulieu qui parle), moins injustifiable que celui de

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